Depuis maintenant près d’une semaine avec un pic pour ces trois derniers jours, à l’instar de toutes les villes et villages d’Algérie, Draâ El Mizan s’est parée des couleurs de l’équipe nationale. Des voitures sillonnent les artères de la ville recouvertes entièrement de drapeaux à l’honneur des joueurs. Des drapeaux géants sont déployés sur les façades des immeubles. Au niveau du technicum, les lycéens en grève viennent toujours se défouler devant le drapeau qu’ils ont confectionné après avoir cotisé de l’argent. De loin, on aperçoit cet emblème national flotter sur la largeur de la route. Au quartier Malakoff où les jeunes sont fidèles à l’équipe nationale, pas moins d’une trentaine de drapeaux grand format sans compter les petits qui flottent sous la surveillance de ces jeunes croisant les doigts pour l’équipe nationale. Vert, blanc, rouge, Bouguerra, Anater, Matmou…. Gaouaoui sont les slogans chantés en cœur. “On, two, three, viva l’Algérie !” revient et retentit sans cesse. Le quartier ne dort pas. “Ce soir, quatre vingt millions d’Egyptiens vont pleurer”, nous dit Hakim, un mordu de la balle ronde. Pour Cheikh Yahia, il n’y a pas de doute, l’Algérie va se qualifier. Plus loin, Ramdane, directeur dans un collège, optimiste qu’il est, donne son pronostic : “Deux buts à un pour les Verts”. Hier vendredi, les jeunes ont prié pour que Dieu aide vienne en aide aux Fennecs. “Les DJ sont déjà préparés dans tous les quartiers. On va danser, chanter jusqu’au matin. Déjà, c’est fait”, nous dit un jeune chômeur. Même les femmes, pour une fois ne parlent que de la victoire de l’Algérie. “D izmawen, Ammi, ce sont des Lions, mon fils”, nous lance Na H’lima, venue acheter du pain chez le boulanger du coin. Pour d’autres, les plus fragiles, déjà c’est la fièvre. “J’ai peur de regarder le match. Je vais m’isoler toute la journée. J’ai peur. Les Pharaons sont difficiles à battre”, nous répond à demi-voix ce sexagénaire.
A. O.
