Même si l’équipe nationale de football a hanté l’esprit des algériens. Il n’en demeure pas moins que les pères de famille ont aussi en tête le souci de s’acquitter de ce rituel qui consiste en l’achat du mouton de l’Aid. Depuis maintenant deux décennies, la viande, à l’instar de tous les produits ; ne cesse d’augmenter au point d’atteindre des prix inimaginables.
Ceci a fait que celui du mouton de l’Aid est en constante augmentation et cette année il n’a pas dérogé à la règle ; bien au contraire. Alors qu’il revenait à moins de 700 dinars le kilogramme l’an dernier, le mouton, cet Aid, coûte aux pères de famille quelque chose comme mille dinars le kilogramme.
Le week-end passé, première chute du prix du mouton depuis un mois la fourchette oscillait entre 18000 et 28000 dinars pour des moutons pesant d’une vingtaine de kilogrammes à trente kilos et ce premier signe de diminution des prix laisse supposer que le dernier week-end précédent la fête de l’Aid sera le moment le plus indiqué pour procéder à l’achat de ce mouton car à ce moment tout le monde voudra liquider son cheptel sinon sa valeur diminuera de moitié le lendemain de la fête.
« A mon avis, il vaut mieux attendre les derniers jours car en ce moment les maquignons imposent des prix exorbitant malgré le fait que nos prairies sont vertes à souhait et que le fourrage ne manque pas grâce à la bonne pluviométrie enregistrée l’année passée » avait dit Abdellah, boucher de son état. Cette sorte de prédiction, il l’avait annoncée il y a plus d’un mois de cela et il n’a probablement pas tort étant donné qu’une première diminution a eu lieu le week-end dernier. Mais d’aucuns vous diront que cela ne veut rien dire et que le prix du mouton risque d’augmenter à tout moment et même si ce n’est pas le cas, il grimpera durant les derniers jours, moment choisi par la majorité des foyers pour l’achat du mouton.
Pensant bien faire en restant jusqu’au dernier jour; les citoyens se retrouveront fort nombreux à vouloir procéder à cet achat et les maquignons en profiteront pour revoir à la hausse tous leurs prix.
Cette éventualité n’est pas à écarter. Ceci sera supporté par ceux qui tiennent à ce rite religieux car il y a une frange de la population, laquelle d’ailleurs, voit ses rangs se renforcer d’année en année, qui a délaissé faute de moyens le sacrifice d’Abraham pour se limiter à l’achat de viande et d’abats pour marquer cet événement. « Cela fait six ans que j’ai arrêté d’acheter le mouton de l’Aid. Il revient trop cher alors que je suis qu’un simple salarié touchant un peu plus du Smig. Je préfère acheter cinq kilogrammes de viande et les abats pour un montant global de 7 000 à 8 000 dinars plutôt qu’un mouton à deux millions » dira le jeune Salim, marié et père d’un enfant, que nous avons rencontré au marché de bétail du jute où il est venu juste par curiosité nous dira-il.
Acheter le mouton ou de la viande est le dilemme auquel sont confrontés les algériens qui veulent conserver leurs rites religieuses mais qui sont incapables de faire par rapport à cette misère sociale qui a fait de l’Algérie son foyer depuis belle lurette.
A. Gana