Mercredi, 18 novembre, vingt heures quarante minutes, Draâ El Mizan, villes et villages vibrent sous les klaxons, sous les applaudissements… L’Algérie des Antar, Bouguerra, Meghni, Chaouchi… se qualifie au Mondial tout comme Rabah Sâadane. Un demi-siècle après, les Fennecs, et cheikh Saâdane surprennent avec l’art et la manière les Pharaons et Shahata. Tous dans la rue : enfants, femmes, vieux… Dans tous les quartiers de la ville, mêmes scènes de liesse pour ne pas dire d’hystérie. Le drapeau vert, blanc et rouge flotte et les chansons à la gloire des Verts fusent de partout. C’est une autre indépendance. Eh oui, c’en est vraiment une. « Draâ El Mizan, fidèle à l’Algérie et à Bouteflika », tels sont les slogans répétés ici et là alors que « Bye bye Shehata, l’Algérie au mondial ou encore Mandela, on arrive » résonnent de partout. Au centre-ville, c’est déjà complet. Danses, musiques, cris se mêlent à l’atmosphère. et les graffitis sur les murs commencent. On peut lire sur les murs : « Tahia Al Djzaïr, Mesr tombe. Pour chaque Pharaon un Algérien… « . Les cortèges se forment peu à peu. Pour plus d’un, il n’ y a pas de doute, cette qualification est le défi le plus attendu. Les jeunes excités par les chansons rendent un vibrant hommage à Antar et à Chaouchi. « D’abord, on remercie Antar pour le but, mais on n’oublie pas Chaouchi », nous dit un autre jeune entièrement peint avec les couleurs du drapeau national de la tête au pied. « Di zmawen ! Di zmawen ! », lance une vieille, larmes aux yeux. « C’est du jamais vu, Al hamdoulah, Dieu merci, nos héros l’ont fait », ajoute un quinquagénaire qui tenait une boîte de gâteaux pour l’offrir à ses enfants. « C’est une fête, Saha Aïdkoum », sont les mots qui reviennent sur toutes les bouches.
La fête continue jusqu’à l’aube dans les quartiers. Alors qu’avant-hier, des lycéens et des collégiens ont sillonné toute la ville en scandant « Imazighen ! Imazighen comme au bon vieux temps ». Eh bien, ces chérubins ont bien compris le message. La victoire de l’equipe nationale dépasse un match de football. « Maintenant, je pourrai mourir tranquille », nous lance la même personne qui nous a évoqué dans l’une de nos éditions sa mobilisation en 1973 lors de la Guerre des six jours en terre pharaonique. Dixit Abdelaziz Bouteflika, en campagne électorale en avril dernier à Tizi-Ouzou.
Amar Ouramdane