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L’artisan des envoûtements guérisseurs…

Aujourd’hui à 16 h, Salle Espace Reuilly, 10e arrondissement de Paris, le Rossignol Farid Ferragui renouera avec la scène.

De plus belle manière : l’escale parisienne organisée par Art et Cultures du monde est le début d’une tournée qui promet à coup sûr. D’autant plus que, Farid est entré dans la phase finale de la préparation d’un nouvel album. Qui fera date. D’une humilité déconcertante, le propos émotionnel, le regard aussi poétique qu’enfoncé qui lui procure un je- ne- sais- quoi de charisme, Farid, le pur, dégage irrésistiblement une espèce de rayonnement contagieux. Et pour cause, ses maîtres mots : l’amour, la liberté et la fraternité. Son amour infini pour la beauté du verbe et la musicalité du texte, seules passions qui provoques le plaisir de transmettre indéfiniment aux autres. Avec un tel attachement à l’exigence, le chant ferraguien devait gagner le droit de se faire entendre. L’écho, au fil des années, dépasse les prévisions initiales du fils de Taka. Sous le couvert de l’intransigeance avec lui-même et dans ses rapports avec son époque, l’artiste est d’un immense humanisme : un contemplatif solitaire qui aime à s’enivrer à loisir des charmes de sa Kabylie, son Algérie ; et à composer des chefs d’oeuvres – en s’y efforçant à ne pas se trahir et qui nous égayent à chaque fois. Son répertoire : un îlot de réflexions qui permet de poser des questions sur nous-mêmes. D’où s’infèrent des modes d’articulation entre le sentiment désintéressé et les supplices des pertes.

Privations éternelles : “Le fleuve de la vie’’…

Sa poésie repense la faculté d’inventer les rotules nécessaires aux fins de pérenniser la flamme de l’amour. Et les conditions à la communion sociétale. Celui qui a imprimé son ton, son rythme, ses mots à une carrière de 28 ans, a toujours posé un regard intelligent, pacifique, sur les secousses périodiques qui traversent son pays. Un artiste qui se tue au travail ; lui que ne satisfait aucune perfection. La preuve : il a enchaîné les albums avec une célérité et un brio impressionnants. Et, à chaque concert, c’est l’hystérie. On pleure. On épouse un monde, que lui seul peut inventer, dès la première chanson. On s’y plonge. Sans se perdre. Pour ses fans, les récitals de Farid sont des haltes de souvenirs. Des pèlerinages sur les traces de l’ailleurs ; les chemins tortueux du village. Un paradoxe : des meurtrissures thérapeutiques. Vitalité mémorielle… Pérégrination dans un monde qui vous arrache de l’existentiel.

Correspondance particulière de Moh Arezki K.

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