C’est dans des conditions lamentables, à la limite même du supportable que les préposés aux guichets triment du matin au soir pour donner le meilleur d’eux- mêmes à une clientèle de plus en plus nombreuse, ce tous les jours de huit heures du matin à dix-sept heures de l’après-midi. La minuscule salle d’attente (sans fenêtre ni aération) bondée de monde, surtout en été, ressemble beaucoup plus à une étuve où la chaleur vous exténue, qu’à une salle d’attente. Quand en plus de fumer à tire-Larigot cigarette sur cigarette sans même se soucier des désagréments qu’ils causent aux non fumeurs, les gens se bousculent à qui va arriver le premier au guichet, il faut avoir des nerfs d’acier pour garder son sang froid. Et dire que l’espace ce n’est pas ce qui manque, mais espace fermé pour on ne sait quelle raison. Economique peut-être ? Avec l’interdiction absolue de répondre aux questions de journalistes et correspondants de presse que la direction des postes et télécommunications a imposée au personnel, il est difficile d’arracher la moindre bribe aux agents. Ce bureau de poste du chef-lieu de commune de Tichy construit dans les années 1970 pour un population de quelques milliers d’âmes est devenu en l’espace de quelques années trop exigu, dépassé, ne pouvant plus accueillir les centaines de personnes qui viennent chaque jour faire la chaine devant les quatre guichets que leur offre cette masure tout en béton. Déjà au tout début, le choix du terrain d’assiette aussi bien que la structure elle-même qui ne répondaient pas aux exigences de l’époque (alors que dire aujourd’hui), ont fait réagir le ministre des P. T. T d’alors venu inaugurer cette nouvelle structure ; « C’est tout ce que vous avez trouvé comme terrain ? C’est scandaleux avait-il lancé à l’endroit des officiels qui l’accompagnaient ». Depuis, aucune amélioration, ne serait-ce pour soulager dans leur travail quotidien les agents, n’a été observée, pire encore, il y a eu des périodes où cette poste ne tournait qu’avec un effectif de deux agents (nous l’avions par ailleurs rapporté dans une précédente édition, cela n’a pas plu à la direction de Bgayet). Alléger le quotidien de ces postiers est pourtant chose facile pour peu qu’il y ait volonté. Agrandir et muter du personnel qui patauge ailleurs dans les autres bureaux de postes. (Il y en a beaucoup) ne coûtent rien. En cette période de canicule par exemple, un simple climatiseur aurait été des plus bénéfiques à tous. Mais ça c’est atypique, diriez-vous. En attendant les jours meilleurs qui n’arriveront probablement jamais, ces malheureux postiers continueront de se déshydrater dans cette fournaise pour exécuter les ordres des ronds-de-cuir qui eux, sont bien au frais dans leurs bureaux.
A. M.