Le projet de « la première action » de l’Association de la Soummam pour la protection de l’histoire et des vestiges historiques de la wilaya de Béjaia entrera en exécution à partir du 20 août pour se poursuivre jusqu’au 24 du même mois. Les objectifs qui lui sont assignés relèvent de l’organique, du commémoratif, de l’historique et du revendicatif. Sur ces objectifs, M Boukir Hamid, 1er vice-président de l’association susmentionnée, commente : « Revoir son passé, c’est stabiliser sont présent et projeter un avenir meilleur », est le slogan de notre association, dit-il. Et d’enchaîner : « Notre 1ère action se veut un hommage et un message fort pour l’opinion publique nationale et internationale afin de contribuer à la correction d’un certain nombre de visions et d’idées reçues. Ainsi, un hommage à l’héroïne algérienne Lalla Fadhma N’Summer. Plus qu’une figure légendaire, un véritable symbole de résistance et de courage de la femme algérienne. Celle-là même qui a courageusement combattu plusieurs généraux français, et qui a bravé plus d’un maréchal colonialiste. Puis, à l’ombre de notre héroïne, nous voulons réhabiliter deux personnalités féminines locales, en l’occurrence Fadhma Ibalaidène et Chahla Takka, la première occupait un poste de responsabilité durant notre guerre de libération nationale, avant qu’elle ne soit arrêtée par l’armée coloniale, puis torturée et jetée d’un hélicoptère au moment où il atteint sa plus haute altitude. La deuxième, ayant donné quatre martyrs, fauchés à la fleur de l’âge pour la libération de notre patrie du joug colonial, a subi toutes les misères dans la solitude, l’isolement et l’ignorance pour s’éteindre, après l’indépendance, dans l’anonymat le plus absolu », termine notre interlocuteur. Cette 1ère action véhicule le slogan. « De Fadhma N’Soummer aux femmes de Novembre, histoire d’un double combat ». Une action qui permettra, comme le déclare-t-on à l’association, d’élargir justement l’association et de lui assurer une présence de proximité, dans un avenir proche, à travers l’implication d’un certain nombre d’associations activant au niveau des villages et communes intérieurs de la wilaya de Béjaia. Comme elle (l’action NDLR) aussi, d’impliquer la communauté universitaire dans une dynamique de partenariat durable et à l’étudiant d’agir en dehors de l’enceinte universitaire. L’objectif est aussi commémoratif car l’action sera organisée dans la foulée du 50 ème anniversaire de la guerre de libération nationale et à l’occasion de la date historique du congrès de la Soummam. L’occasion sera ainsi saisie pour parler du passé de la région « riche mais sur lequel les commémorations officielles imposent un silence inexpliqué », lit-on sur le document explicatif de l’association de la Soummam élaboré aux fins de la semaine historique précédemment citée. « L’objectif est historique en ce sens qu’il constitue la raison même de notre association », explique Boukir Seddik. L’action nous permettra de contribuer aux débats sur l’histoire de l’une des périodes les plus importantes de notre passé national, poursuit-il. Revendicatif à travers un certain nombre de recommandations qui seront communiquées à la clôture de la semaine. Parmi ces revendications, il y a lieu de toucher aux points suivants : la réhabilitation de la maison où a vécu Fadhma n’Soummer ainsi que son classement comme patrimoine national, la restauration et ou la protection des ruines de la demeure de Boubaghla (vestige historique), la réhabilitation des cimetières, des moudjahidine, à l’exemple du cimetière des moudjahidine de la bataille de Tacekkirt), construction d’une stèle commémorative conséquente à l’endroit du vestige historique (caserne colonel Amirouche d’Akbou) car témoignant des étapes, très importantes, de l’histoire coloniale, souligne-t-on. « Comme il est souhaitable, conclut-on, d’installer une équipe de réflexion afin de bien développer les points énumérés ainsi que pour une bonne formulation des recommadations en question sous forme de communications ». Pour rappel, l’association. Soummam pour la protection de l’histoire et des vestiges historiques de la wilaya de Béjaia a élaboré, récemment, un documentaire historique en tamazight intitulé « De Fadhma n’Soummer aux femmes de Novembre ». Tourné par Haouchine Belkacem (assisté de son épouse) avec le soutien de l’agence Thais de Béjaia.
Taos Yettou
