Les vergers menacés par la sécheresse

Les vergers, du moins ceux qui ont la chance d’échapper aux brasiers de l’été, patissent lourdement du stress hydrique consécutif à une longue période de sécheresse qui continue de sévir dans la région. Hormis les plantations des périmètres irrigués, partout ailleurs, le même décor affligeant s’impose à la vue : arbres rabougris, feuillages jaunis et ratatinés. Sous les coups de boutoir d’un soleil ardent, nombre d’espèces floristiques à l’image du figuier et du frêne, dépérissent par centaines. Même l’olivier, qui fait pourtant figure de nec plus ultra dans le monde végétal en matière de rusticité, a sérieusement accusé le coup. Branches fruitières dont les baies hâves ont précocement viré au rouge tirant sur un noir de geai, flétrissures des charpentiers…, l’olivier dégage dans certaines contrées la désagréable impression de faire pâque avant les rameaux ! Ceci pour les vergers situés sur le faîte des coteaux, aux piemonts et dans la vallée de la Soummam.

En haute montagne à l’image de Tamokra, Ighram et Bouhamza où l’altitude et la topographie accidentée agissent en facteurs modérateurs du climat, les dégâts paraissent de moindre ampleur mais la fructification n’est pas au rendez-vous. «C’est le phénomène d’alternance qui veut qu’à une période d’opulence succède une période de disette», nous explique flegmatique, un paysan de Tizi Aidel dans la commune de Tamokra.

Les contours d’une olivaison maigrichonne commencent donc à s’esquisser. Les propriétaires d’oliveraies scrutent chaque jour le ciel en quête de la moindre perturbation atmosphérique porteuse d’espoir. Mais quoi qu’il en soit, ce n’est sans doute pas demain la veille que l’olivier et la flore en général se relèveront de leurs blessures. Les stigmates sont trop importants pour se dissiper de sitôt.

N. Maouche