Des femmes sans voies… et des séquelles à vie !

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L’événement sera particulièrement marqué par la présentation de plusieurs communications et qui verra surtout l’intervention de plusieurs membres de la société civile qui ont travaillé sur le thème du jour au niveau de la maison de la culture Mouloud-Mammeri qui abritera une série de conférences. La présidente de l’association sociale Le cœur sur la main reviendra sur le thème de la femme et le désespoir alors que celui de “l’effet sur les enfants témoins de la violence conjugale” sera traité par une psychologue clinicienne au CSR de Boukhalfa. La première partie du programme de cette journée prévoit également une autre communication qui portera sur les moyens juridiques pour lutter contre les violences à l’encontre des femmes.

Il s’agit là d’un thème d’une grande importance car le phénomène prend des proportions très alarmantes. Il n’y a qu’à voir, pour preuve, le nombre inimaginable d’affaires en justice intentées par des femmes qui s’estiment victimes et qui sont, malheureusement, très nombreuses à subir, en catimini, des actes de violence, de peur, bien évidemment, de représailles, dans une société qui ne leur offre aucune sécurité après une dénonciation des faits.

Pour le directeur de l’action sociale de Tizi-Ouzou, il s’agit avant tout d’alerter l’opinion publique sur les dangers, au plan moral, qu’un tel phénomène peut causer. “En plus de la violence physique qui laisse des traces, il y a de des dégâts sur le plan psychologique qui se répercutent sur la cellule familiale et sur toute la société, par ricochet. Combien d’enfants, témoins de ces violences, ont été influencés par ce qu’ils ont vécu et qui se comportent après d’une manière violente. Nombreux sont les couples qui se disputent en présence de leurs enfants. Les parents ne font pas souvent attention aux conséquences fâcheuses que cela pourrait induire sur l’éducation de leurs enfants, il faut bannir ce genre de pratiques !”, nous dit M. Tigha. Ce dernier indique, dans la foulée, que l’objectif de la célébration de la journée internationale de lutte contre la violence des femmes est justement pour “sensibiliser la société pas seulement contre la violence à l’encontre des femmes mais sur le phénomène de la violence en général. Notre action s’inscrit bien dans le cadre d’une série d’activités pilotée par le ministère de la Solidarité et qui vise justement à toucher le maximum de régions.

C’est pour cette raison que notre programme de demain (aujourd’hui, NDLR) associera plusieurs régions de la wilaya, à savoir le chef-lieu de wilaya, les différents établissements spécialisés, Beni Douala, Beni Aissi, Azazga, Draa Ben Khedda, dans le souci de mobiliser et de sensibiliser à la fois notre société afin d’endiguer le phénomène de violence de notre quotidien, un rapport est d’ailleurs préparé par nos services pour une analyse objective de la thématique”, expliquera M. Tigha. Toutefois, beaucoup reste à faire pour cette frange de la société.

Des femmes continuent d’être la cible de violence de toutes formes, harcèlements sexuels, viols et autres crimes qui restent souvent impunis particulièrement en milieu rural où des femmes violentées sont contraintes au silence par le poids des tradition et de l’honneur familial. C’est tout l’intérêt de ces journées de sensibilisation qui devront s’inscrire dans une dynamique d’ensemble dont la finalité n’est autre que de libérer la société de tous ces phénomènes nuisibles qui prennent paradoxalement de l’ampleur.

Omar Zeghni

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