« Une autre récession n’est pas à écarter »

Le baril du pétrole brut s’échange depuis quelques mois autour de 76 dollars alors qu’il n’évoluait pas loin des 40 dollars à la même période de l’année passée. Certes, une nette amélioration a été enregistrée suite à la reprise de certaine forces économiques mondiales, mais le risque d’une autre récession n’est pas à écarter, selon le premier responsable de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Chakib Khelil. Celui-ci a expliqué les risques auxquels sont exposés les prix des hydrocarbures.

« On va maintenir le même niveau de production jusqu’au moment où on peut avoir une visibilité plus claire de la situation économique mondiale », a déclaré M. Khelil, hier, en marge d’une journée d’information sur la rationalisation de la consommation de carburant dans le secteur des transports routiers. Selon ses prévisions, l’Opep s’attend à un maintien de la production des hydrocarbures jusqu’au moment où il peut y avoir une visibilité plus claire de la situation économique mondiale.

Le ministre de l’énergie a ajouté que toute décision sur la production des pays membres de l’organisation dépendra ainsi de l’économie mondiale. « Je pense que tout le monde est d’accord qu’on n’a pas encore une visibilité plus claire et il vaut mieux rester dans la situation présente », c’est-à-dire un maintien des quotas de production, a-t-il ajouté. Une probable décision dans ce sens serait également expliquée par l’excédent de l’offre qui existe actuellement sur le marché, selon ses dires.

Le ministre a en outre signalé que les prix du pétrole ne sont pas déterminés par l’offre et la demande mais beaucoup plus par des attentes plus optimistes sur l’économie mondiale. Il dira que « la plupart des gens pensent que l’économie va s’améliorer, que la demande va reprendre et que les prix seront meilleurs, donc ils achètent maintenant pour pouvoir vendre à un meilleur prix dans quelques mois ». Mais si les choses ne vont pas bien pour le marché du pétrole, suppose le même responsable, ils commencent à se débarrasser de ce pétrole rapidement, « parce qu’ils ne veulent pas perdre autant », affirme-t-il. Dans le même sens, le président de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole n’écarte pas le risque d’une seconde récession. « Une possibilité d’une autre récession n’est pas à écarter », a-t-il poursuivi.

Il a, dans le même contexte, ajouté que l’évolution de l’économie américaine, avec laquelle celles de la Chine et de l’Inde sont liées, risque, en cas d’un nouveau ralentissement, de peser sur les prix, en provoquant une autre crise mondiale.

A. Slimani