Le chômage et l’érosion du pouvoir d’achat sévissent en maître dans la société algérienne, sans oublier de citer l’augmentation continue des prix de la totalité des produits. d’ailleurs, nous constatons avec étonnement et incompréhension le comportement de beaucoup de citoyens face à la cherté du coût de la vie. Dans des conditions normales et logiques, les ménages prendront des mesures pour amoindrir les effets de la flambée : acheter que ce qui est indispensable et en petite quantité.
Mais le commun des citoyens accompagne la courbe dans son ascension, plus les prix s’enflamment, plus les gens achètent, sans se soucier du prix. Comme si chaque Algérien possède un puits de pétrole à Hassi Messaoud. Les dinars coulent à flot et les kilos en dizaines.
Prenons l’exemple des pommes de terre qui se vendent actuellement à 50 DA. Rares sont ceux qui achètent en petite quantité comme si demander un kilo est interdit. Les chefs de famille optent pour la majorité d’entre eux aux 4 kilos pour 200 DA, une formule qui accroche. Les plus zélés optent pour toute la caisse à 1 500 DA, comme si le tubercule allait se faire rare.
Les pénuries des années 80 sont toujours à l’esprit et nous collent à la peau. Par des comportement pareils, nous ne faisons qu’encourager la hausse des prix, faisant le bonheur des spéculateurs et des vendeurs de tous les bords. Autre exemple et nous n’allons pas parler du mouton de l’Aïd, car c’est un rituel religieux, pour ceux qui peuvent se l’offrir et accomplir leur devoir. Mais, les autres pourquoi dépensent-ils la moitié de leur salaire dans l’achat de 10 voire 15 kilogrammes en une journée pour ensuite s’en passer pour le restant de l’année ou à la prochaine fête.
Pourtant, manger beaucoup de viande pendant deux ou trois jours de suite, n’est pas du tout bon pour la santé ; au contraire, cela nuit à la bonne forme et cela est confirmé par les spécialistes en la matière. Au lieu de consommer une si grande quantité en l’espace de deux jours, pourquoi ne pas la répartir sur les mois de l’année ? Cela nous permettra de renouer un tout petit peu avec cette denrée prisée qui fera beaucoup de bien à notre santé et surtout cela aura un effet sûr, quant à la baisse de son prix. Ce qui est certain, c’est que l’heure n’est pas à l’aisance et les chefs de famille doivent à notre avis adopter un autre comportement et éviter les dépenses inutiles et excessives pour ne pas avoir à serrer davantage la ceinture pendant le restant de l’année et favoriser ainsi la baisse du coût des produits. Il faut reconnaître que nous avons beaucoup de choses à apprendre dans ce domaine, la bonne gestion du portefeuille s’apprend. On ne naît pas bons gestionnaires, il est temps de s’y mettre ou à défaut, éviter de pleurnicher à longueur de journée et de l’année. Le mur des lamentations ne fait pas partie de notre patrimoine ! Si la cherté et l’érosion du pouvoir d’achat sont un fait établi, il ne reste pas moins que notre conduite laisse réellement à désirer. Tu chausses du 40, achète du 40 car en achetant du 44, tu danseras malgré toi, nous dira un vieux sage.
De toutes les manières, bonne fête de l’Aïd à toutes les Algériennes, à tous les Algériens et même aux Egyptiens !
Hocine T.