A Maâtkas, une commune qui a vu le jour bien avant l’indépendance, mais cela n »a pas été profitable surtout en matière de soins et d’infrastructures sanitaires.
Maâtkas compte une seule polyclinique et trois unités de soins, cela s’avère très insuffisant car cette « vieille » commune comptabilise 32 000 habitants répartis sur un ensemble de 45 villages et hameaux, c’est dire l’ampleur du manque.
Sur les 45 villages, seulement trois disposent d’une unité de soins. Quant on sait ce qu’est une salle des soins dans un village de Kabylie, on comprend vite que les citoyens sont lésés dans ce domaine.
Nos unités de soins, pour la plupart ne sont dotées que d’un minimum de matériel pour faire des pansements et des injections. Quant au personnel médical et paramédical, il est souvent insuffisant.
D’ailleurs certaines ne fonctionnent qu’avec un infirmier. Alors, le citoyen, pour se soigner, est contraint de faire des kilomètres ou de se rabattre sur le privé qui le déplumera. Quant aux soins, c’est une autre paire de manches. Alors, disons-le carrément, les Maâtkis sont franchement pénalisés. Quant à la polyclinique, son état n’est pas reluisant et comment, puisqu’elle accuse un manque en personnel médical et paramédical. Quand aux médecins spécialisés cela demeure un rêve. L’état des lieux n’est pas à la hauteur et l’absence d’un bloc de réanimation, de soins intensifs et de maternité renseigne sur l’inaptitude de cet établissement à fournir des prestations efficientes, malgré bien entendu, le bon vouloir du personnel y exerçant. Le manque de moyens, nécessaires et d’espace empêchent des prestations de prise en charge des patients efficacement. Les cas jugés graves sont acheminés vers Boghni ou Tizi Ouzou, des localités très éloignées, ce qui complique sérieusement les chances de guérison, voire de survie pour certains malades. Si vous habitez à Berkouka, Takhrivt ou au village El Vir et si vous êtes victimes d’une attaque ou de toute autre maladie grave, eh bien, il va falloir compter sur le facteur chance pour vous en sortir, car pour atteindre le CHU Nedir Med de Tizi Ouzou, il vous faut au minimum une heure et souvent le facteur temps engendre la fatalité.
Tout cela, pour souligner avec un gros trait, l’urgence d’une construction d’un hôpital à Maâtkas et de doter les 45 villages d’au moins, d’une salle de soins équipée et avec médecin. Les Maâtkis qui se sont significativement impliqués dans la lutte armée méritent d’être soignés à moindre frais et à moindre risques. Pourtant, l’Etat prône la gratuité et la proximité des soins au profit de tous les Algériens ou s’agit-il d’un leurre ?
Hocine Taïb
