Plomberie : la contrefaçon à l’origine du gaspillage d’AEP

En plus d’un travail bâclé dans la réalisation des réseaux d’AEP qui se caractérise par d’innombrables fuites et des ventouses inopérantes qui engendrent d’énormes pertes d’eau le long de ces réseaux distants pour la plupart de plus d’une dizaine de kilomètres.

Les articles de plomberie de mauvaise qualité ou carrément contrefaits sont aussi à l’origine de pertes considérables d’eau potable des manchons, dont le filetage s’aplatit au moindre mouvement de serrage ; on a beau l’entourer de filasse, rien à faire, la fuite est inévitable, même constat pour les robinets ou robinets d’arrêt, il suffirait de serrer légèrement pour les voir se fissurer comme des réseaux d’où le recours obligatoire à des morceaux de chambre à air pour réduire la fuite.

La matière à base de laquelle sont fabriqués la plupart des modèles de ces articles de plomberie cède à la moindre pression, ceux qui pose problème sont ceux fréquemment manipulés, tels les robinets de l’évier de cuisine ou ceux des toilettes, les citoyens ont appris par la force des choses à avoir toujours sous la main un ou deux robinets en réserve, au même titre que les ampoules d’électricité.

Où va-t-on avec cette manière d’inonder nos marchés par des articles contrefaits ? Après les scies à main dont les lames se tordent comme du vulgaire fil de fer, ce même fil d’attache qui se casse comme du fil à coudre, des morceaux qui se brisent en deux après deux coups ainsi que des faux et fourches qui se tordent comme de la pâte à modeler.

La contrefaçon est si parfaite qu’il est difficile de s’en rendre compte, sans avoir testé l’outil ou l’article, mais une fois la supercherie découverte et l’outil détérioré, aucun des vendeurs qui sont eux aussi arnaqués, n’accepterait de le reprendre ou le changer, des articles qui se vendent et s’achètent sans garantie. « Achète ce que voit ton œil », telle est la règle dans ce créneau.

Et l’Etat dans ça ? Que font ses contrôles au sein de la douane ? Sachant que tout ces articles contrefaits sont importés, plus grave, ces importations anarchiques débridées incontrôlées sont à l’origine de la faillite de toutes nos unités et usines de fabrication de ces outils qui ont accompagné notre jeunesse.

Par nostalgie, un citoyen de Saharidj, issu de l’ancienne génération, s’est attelé depuis quelques années à la collection des anciens objets fabriqués localement. Sur chaque outil, il colle une feuille où sont cochés le nom et le lieu de l’usine de fabrication. Ce citoyen qui a de la suite dans les idées, pense organiser une exposition de ces anciens outils, manière à lui de dénoncer la mort programmée de ces usines.

Oulaïd Soualah