Verdure à perte de vue. Des champs et vergers, des fleurs poussent ça et là, telles des grains de beauté sur le visage de cette Kabylie resplendissante, des températures très douces, quoique un peu froides la nuit.
Certains appellent cela l’été indien, pour d’autres, c’est tout simplement un printemps précoce, mais pour les plus pessimistes, c’est les prémices d’un bouleversement climatique qui ne dit pas encore son nom et qui est suspendu jusqu’à présent au-dessus de nos têtes, telle l’épée de Damoclès, résultats de la folie des hommes qui se sucrent sur le dos de Dame nature avec leur industrialisation sauvage, qui ne respecte nullement l’environnement et qui ne reculent devant rien, quand il s’agit de faire des affaires et renflouer leurs caisses, même avec de l’argent sale.
Tout cela provoquera dans un avenir proche, le réchauffement de la planète terre et par ricochet, la fonte de la banquise et avec elle, l’humanité connaîtra la disparition de beaucoup d’îles paradisiaques et autres terres fermes sous les eaux des océans, pour devenir les Atlantides du vingtième siècle, un phénomène qui menacera directement le règne végétale, animale et remettra en cause l’existence même de l’homme.
A l’approche de la fin de l’année, et l’avènement du Nouvel An, loin des sapins de Noël qui commencent déjà à illuminer les foyers des gens du nord, loin des inquiétudes de Greenpeace, du protocole de “Kyoto” et futures résolutions ou recommandations des seigneurs de ce monde à “Copenhague”. Voilà pourtant, “Anzar”, toujours plus généreux.
Comme partout sur la majeure partie du territoire algérien du Maghreb et continent Européen, la vallée de la Soummam est sous l’emprise d’une vague de froid qui règne sans partage, de jour comme de nuit, avec des pluies et rafales de vents parfois très violentes mais aussi, de la neige sur les hauteurs dépassant les 900 mètres, à l’exemple de l’Akfadou ; un cocktail d’ingrédients qui a plongé les températures à des niveaux très bas, frôlant le zéro le jour, et au-dessous la nuit. En bon connaisseurs de ce qu’est l’hiver en Kabylie, les habitants des contrées d’Adekar à Tazmalt et de l’autre rive d’Amizour à Seddouk et au-delà, notamment, les habitants des villages isolés, se préparent avec tout ce qu’ils ont comme moyens de bord pour assurer un minimum de stock en denrées alimentaires, gaz butane, bois de chauffe et aliments et foins pour leurs bétails, pour faire face aux terribles tempêtes de neige qui bloqueront des jours durant, tout accès à leurs villages.
Sous le manteau blanc de l’hiver, la verdure du printemps, le plein soleil de l’été ou la grisaille de l’automne ; qu’il fasse mauvais ou bon, la Kabylie reste toujours belle, tout lui va à merveille, c’est la volonté divine, le vœu du seul maître, le seigneur des cieux.
Arezki Toufouti
