Une bibliothèque qui s’enlise

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Par-ci des coups de pioches, par-là, des bruits de marteaux, plus loin, des truellées giflent le plafond. La bibliothèque d’Azrou prend corps jour après jour, mais à un rythme lent, freinée par les aléas d’un quotidien peu favorable : le marché des matériaux de construction flambe sans cesse, l’éboulement du terrain fut inquiétant jusqu’à récemment avec la réalisation d’un mur de soutènement, à cela, il faut ajouter les pluies diluviennes qui empêchent la réalisation complète de certains volets, ce qui a nécessité des heures de travail supplémentaires durant les jours ensoleillés. La population en général et les férus de la lecture attendent l’heure de l’inauguration avec impatience. Le plan réalisé par le B.E.T Belhadj de Béjaia montre une bâtisse massive dont les contours épousent harmonieusement une architecture kabyle, ponctuée par une charpente à tuiles et agrémentée par des ouvertures idoines qui laissent la lumière inonder les grands espaces à longueur de journée. Inscrit dans le cadre du Fonds Communal des collectivités locales, à laquelle, une enveloppe de 15 millions de dinars est allouée, la bibliothèque s’élève sur deux étages. D’abord, le rez-de-chaussée est constitué d’une salle de projection et de conférence, d’un foyer et d’une suite de bureaux administratifs. Au premier étage, les visiteurs auront à découvrir une vaste salle de périodiques, une autre pour le rayonnage de livres, une médiathèque, un bureau de prêt d’ouvrages et des sanitaires. Au dernier étage, trois salles seront affectées à un large public ; une pour la lecture pour enfants. Une autre pour jeunes et adultes et la dernière sera réservée pour les travaux de groupes. Si, théoriquement, le plan et la nomenclature mettent de l’eau à la bouche comme à l’approche d’une fontaine un jour de canicule, la réalisation pratique prend l’eau de toute part comme un bateau à la dérive et s’annonce si ardue telle, qu’à l’APC, on affiche d’ores et déjà, des mines défaitistes craignant sérieusement de vivre les mêmes désagréments que celui de la crèche communale dont les travaux sont tristement à l’arrêt depuis quelques mois déjà. Ainsi,, le projet de la bibliothèque risque d’être épinglé sur place comme un pauvre cadavre, pour cause du manque cruel du nerf de la guerre, d’où la nécessité d’une enveloppe supplémentaire à même d’achever cet ouvrage de première nécessité. Azrou mérite bien cette bibliothèque, pardi !

Tarik Djerroud

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