L’écriture, le choix d’un humble !

Originaire de Larbâa Nath Irathen (Tizi Ouzou), Saïd Seddik-Khodja, ancien journaliste de la presse écrite en Kabylie, où il exerça en tant que correspondant local de plusieurs quotidiens, avant de se lancer dans le domaine de l’écriture romanesque. Son premier roman s’intitulait: « Deux femmes, deux destins ». Il l’a édité le mois de mars écoulé chez les éditons El Amel de Tizi-ouzou.

Féru de poésie et de chanson depuis son jeune âge, et passionné des grands auteurs, tels que Maupassant, Balzac, Julien Green, Victor Hugo ; Saïd Seddik Khodja n’avait jamais eu l’idée d’écrire un jour un livre. Alors que c’est grâce aux conseils de certains de ses amis d’enfance, qu’il découvrit sa passion pour l’écriture et entama sa carrière fructueuse d’écrivain. Après avoir distingué en lui son style d’écriture, qui ne se limitait pas seulement à apporter l’information telle quelle, car les écrits journalistiques sont limités exclusivement à rapporter l’information d’une manière brève, et concise, mais ses écrits prennent toujours d’autres tournures, vouées à un autre genre tout à fait différent, qui surprenaient toujours le lecteur et le transportaient à découvrir des articles très longs et dont l’armature étaient plutôt romancés.

Cette mue qu’il fera ne sera pas sans conséquences positives sur sa manière d’aborder ses écrits. Ainsi, dés son premier roman, Saïd se distingua par la fluidité de sa plume et la pertinence de ses idées qu’il met sous une forme appropriée aux grandes plumes.

Qualifiant son expérience d’enrichissante et heureuse à la fois, l’auteur de « Deux femmes, deux destins », avoue que cela n’a pas été facile notamment, pour un débutant dans le domaine. Plusieurs exigences, estime-t-il devaient être réunies afin de voir le fruit de cinq années de labeur sur les étals. A commencer, d’abord par la passion et la patience, et le facteur temps également qui est aussi important puisqu’il lui a fallu s’éclipser un moment de la presse pour se consacrer à l’élaboration de ce nouveau projet, le roman. En effet, ses quelques voyages en France lui étaient bénéfiques, et lui permirent de prendre du recul et de parachever ainsi en l’espace de quelques mois seulement, ses deux longues nouvelles. Deux nouvelles qui racontent un vécu, décrit sous un œil doux. L’auteur, une fois son ouvrage terminé, n’a pas eu de mal, à se faire publier. Les éditions El Amel de Tizi-Ouzou ont pris « le risque » de le publier à leurs frais après l’aval de la commission de lecture. Le livre est intitulé : « Deux femmes, deux destins », et c’est l’histoire de Lounès, dernier rescapé d’une famille décimée par la vendetta, qui se retrouve avec Mériem, la femme de son défunt frère, Rhalia la vierge et la petite orpheline Zina. Rhalia est promise en mariage à Azouz. Une succession d’événements chaotiques et funestes, presque ourdis par une immense main malicieuse fait tomber sur le pauvre Lounès, malheur sur malheur. Rhalia est répudiée, Lounès se ruine, se reprend dans le commerce, fait faillite une deuxième fois, et va en prison. Quand il est libéré, il assassine Rhalia pour l’honneur car il l’a retrouvée enceinte d’un inconnu. C’est la trame de la première nouvelle. Quant à la deuxième histoire, intitulée La Croqueuse de bijoux, elle est celle de Taous qui a le malheur d’aimer les bijoux et d’être un brin narcissique. Elle rate son mariage avec Lounès, parce qu’elle s’occupait plus de son apparence que du vieil homme. Elle se remarie avec l’ami de son ex-mari sur proposition de celui-ci, car cela lui permet de la reprendre et de contourner ainsi la loi coutumière. Après plusieurs pérégrinations, la femme finit seule « face à ses beaux yeux » L’auteur résume ainsi les deux histoires : « Un seul destin finalement pour ces deux femmes, celui de subir. Un seul destin pour ces hommes rudes, celui de perpétuer à l’infini l’ordre inique où la femme n’est qu’une consommation salace, sans aucun lien sentimental. Une société pénible, injuste, misérable, où il est plus permis de haïr, de tuer, que d’aimer.  » En effet, un autre livre de l’auteur intitulé « la petite indigène » est en préparation, s’agissant cette fois d’un roman. Il sera prêt au courant de l’année 2010. Une manière selon l’écrivain de rendre un hommage, à sa façon, aux « petits » journalistes qui travaillent dans des « grands » journaux et vice-versa. Saïd est désormais acquis au monde de l’écrit romanesque. Ses nouvelles sont une bouffée d’oxygène pour les amoureux de la lecture.

Il est dores et déjà sur un autre projet, qu’il promet par ailleurs, consistant et répondant aux attentes de ses lecteurs. Son prochain roman traitera de son métier initial, le journalisme. C’est l’histoire d’un correspondant de presse qu’il raconte, un correspondant que l’auteur semble bien connaître.

Louiza Kanache