Vu de loin, on ne le dissocie pas de Taourirt auquel il est accolé. Sa particularité est de se trouver coincé entre deux agglomérations qui, de ce fait lui font de l’ombre. D’un côté, à l’entrée est, il y a Taourirt Menguellet, village qui a, depuis toujours, revendiqué l’appartenance de Ouaghzen, en le considérant comme sa cinquième fraction. Il est vrai que les relations entre les deux populations sont si étroites qu’il est difficile de dissocier l’une de l’autre. De plus, le nombre d’habitants de Ouaghzen, étant réduit, le village a toujours trouvé assistance auprès de ce grand voisin, encombrant certes, mais souvent utile lorsque le besoin, en bras se fait sentir (enterrements, incendies etc…). A la sortie ouest, au bas de la colline, comme pour faire barrage aux éventuels visiteurs, se dresse Baqalem qui, à la longue, a usurpé le nom de Ouaghzen dont les habitants n’ont jamais manifesté leur désapprobation pour remettre les choses en place et « rendre à César ce qui lui appartient ». Cet état de fait a conduit au fil des ans, à la confusion des deux hameaux et souvent au détriment de Ouaghzen supérieur qui n’est connu que dans les villages limitrophes. Conscients de cet oubli, non voulu d’ailleurs, un groupe de jeunes se sont rassemblés, en association agréée depuis août 2004, et ont décidé de prendre en main les destinées de la cité afin d’améliorer le cadre de vie de ses citoyens et de donner à leur village la place qui lui sied. Un programme d’actions à réaliser ainsi que des fiches techniques ont été dressés par les habitants eux-mêmes, avant de se mettre à l’œuvre. Ils ne désespèrent tout de même pas de voir les autorités leur apporter leur aide en matériaux de construction au moins. Une main courante, le long de la rue, menant à la piste carrossable a été achevée. Pour rappel, ce chemin, en pente glissante, a été le théâtre de plusieurs accidents, surtout en hiver, lors des gelées. Dans un autre registre et pour améliorer l’alimentation du village en eau potable, les efforts de l’association ont été couronnés de succès grâce à l’ADE qui a répondu favorablement à leurs doléances. Ne disposant pas d’infrastructures pouvant leur permettre des activités de jeunes, Farid Mahiout, ce dynamique responsable de l’association et son équipe, ont entrepris des travaux de construction d’un foyer avec leurs maigres moyens et grâce à l’assistance des villageois, sous forme de fondations. Une aide de l’APC serait la bienvenue et la fin de ce chantier serat un encouragement pour cette association qui a tant de choses à faire. Le second chantier auquel ces jeunes doivent s’attaquer est Thajmaâth, la place du village qui est, depuis les dernières intempéries, dans un état lamentable et menace de s’effondrer, à tout moment. Sa réparation est plus que nécessaire. « Bien que ce village soit taxé depuis toujours de « village chrétien », Ouaghzen possède, quand même, une mosquée qui reçoit ses fidèles musulmans. Si leur nombre est restreint, cela ne veut en aucun cas dire qu’on ne doit pas réhabiliter leur lieu de culte ». En dehors de ces chantiers prioritaires,les habitants aimeraient, eux aussi, bénéficier de l’opération de bétonnage des ruelles, à l’instar des villages voisins. Les habitants de Ouaghzen ressentent cette inégalité, comme du mépris, surtout lorsqu’on sait que certains chemins menant vers les champs et situés en dehors des agglomérations ont été recouverts de béton. Les villageois souhaitent voir inscrit par l’APC dans son programme, un projet qui corrigerait cet oubli. Lors de notre visite, on nous a invité à constater l’état défectueux du réseau de l’éclairage public. En effet, les câbles anciens demandent à être remplacés, vu le danger qu’ils représentent pour les habitations environnantes. Les problèmes se sont accumulés depuis des années et l’association y arrivera à bout, pour peu que les villageois continuent à collaborer et que les autorités s’y impliquent. Peut-être que ce jour-là, Ouaghzen supérieur sortira de l’anonymat.
Nacer B.
