Est-ce pour autant que la hausse du revenu minimum résout la question du pouvoir d’achat ? D’ailleurs, les différentes hausses n’ont rien réglé : le SNMG reste toujours inférieur au coût de scolarisation d’un enfant à la rentrée scolaire, et en dessous d’un mois de loyer d’un logement. En fait, chaque hausse est rattrapée par une autre et cette spirale est aggravée par le fait que l’on ne fait que rattraper les salaires et non les augmenter.
Pour autant, la question du pouvoir d’achat n’est en rien résolue et se posera encore dans les jours à venir. N’est-il pas temps de changer d’approche ? Le relèvement du SNMG à 15 000 DA est insuffisant par rapport aux besoins réels des travailleurs et, par conséquent, au poids du pouvoir d’achat. Déjà, des voix s’élèvent pour soutenir que cette revalorisation n’aura aucun effet pour la majorité des salariés. L’impact de cette augmentation sera d’autant plus minime lorsqu’on a, en face des prix élevés constatés sur certains produits de large consommation.
Aujourd’hui, force est de constater que le SNMG, défini comme le seuil en dessous duquel, aucun salaire ne doit être versé, est loin de suffire réellement à garantir une vie décente aux salariés. Après le ramadhan, la rentrée scolaire et puis les fêtes de l’Aïd El Adha, les prix sont toujours aussi élevés. Les prix des rares fruits et légumes proposés aux consommateurs sont, de l’avis de tous, plus qu’exagérés. On se plaint notamment des prix de la pomme de terre à 50 DA le kilo, de l’ail 600 DA, du poivron qui a dépasse la barre des 180 DA, de l’oignon pour 75 DA, la tomate à 85 DA, les haricots verts à 180 DA, et la salade à 50 DA. A présent, c’est au tour des légumes secs, denrées vitales en cette saison hivernale, d’enregistrer une flambée de prix. L’ensemble des produits à large consommation, ne cesse de connaître une hausse vertigineuse. Les bourse de la ménagère est entrain de prendre un sacré coup, cette fois-ci encore, car, après le prix de la viande rouge inaccessible, ceux de la volaille et du poisson restent encore et toujours chers à l’instar de l’éternelle fluctuation du marché des fruits et légumes, voici que l’aliment du pauvre, à savoir les légumes secs, est touché de plein fouet par cette hausse ; le prix des haricots verts, par exemple, est passé presque du simple au double puisqu’il affiche, en ce moment, le prix de 150 DA le kilo, chez les détaillants alors que, il n’y a pas si longtemps, il était cédé autour de 100 DA même à 70 DA. Idem pour les pois cassés et les lentilles, qui flirtent avec les 180 DA le kilo, soit une différence de l’ordre de 30 % par rapport à quelques semaines seulement. C’est à peu près la même chose pour le pois-chiche et le riz qui, ont augmenté de 20 et 40 DA. Le riz s’écoule entre 85 DA et 120 DA le kilo selon la qualité, et ce au moment où le pois-chiche a dépassé la barre des 130 DA. Cette augmentation, qui oscille autour de la marge des 20 % et 30 %, serait due aux retombées de la loi des finances complémentaire de 2009. Mais, les ménages n’arrivent pas se l’expliquer. En effet, K. Azzedine, fonctionnaire de l’éducation nationale, nous dira à ce propos : “En me présentant, comme chaque matin chez mon épicier, je fus surpris par cette hausse des prix des légumes secs. C’est vraiment trop !” “C’est la nourriture du pauvre que l’on a ainsi augmentée et rien d’autre. Déjà, que l’on ne mange pas de viande et de temps à autre, des légumes frais car inaccessibles. Les haricots et les lentilles, ainsi que le riz, constituent notre nourriture de base. Ce n’est pas avec mon modeste salaire avec trois enfants à charge que je peux m’en sortir.
Comme vais-je faire ?” s’interroge t-il. S’agissant des fruits, la mandarine, bien que de saison, est proposée à 130 DA, l’orange pas encore mûre pour 160 DA, des pommes 200 DA, les dattes 450 DA. Et dire que la banane importée de l’autre côté de la planète coûte moins chère que nos produits, elle est cédée entre 130 et 140 DA le kg. Les prix sont devenus intouchables pour les bourses moyennes, qui se contentent du surgelé.
Plusieurs citoyens rencontrés dans différents lieux de la ville des ponts s’insurgent contre ces fortes hausses des prix des produits de base. Certains avouent que “l’Etat voulait la privatisation, et bien voilà les conséquences personne ne peut tenir à leur exigence. On a jamais vu de telles augmentations, même durant les années 80/90 lors de la crise économique qui a touché l’Algérie”. Pour d’autres, comme H. Ourida, mère de 4 enfants : “C’est vraiment trop ! Comment allons-nous faire ? mon époux est continuellement en déplacement sur les routes car il est chauffeur de poids lourd chez un privé et, croyez-moi, avec ce qu’il perçoit comme salaire minable, on arrive difficilement à boucler les fins du mois. N’était-ce cette alimentation composée de légumes secs, on ne s’en sortira jamais et, avec de tels arguments, franchement on est dans l’embarras”, clame t-elle. H. Mohamed, fonctionnaire et syndicaliste souligne de son côté : “Cette hausse était prévisible. Elle vient en compensation de l’augmentation du SNMG et c’est tout. D’ailleurs, chaque fois qu’il y a une petit augmentation de salaire, les prix des produits de large consommation connaissent, tout de suite après, une hausse considérable”. Ceci dit, en attendant, les ménages doivent faire preuve de patience en essayant de trouver encore d’autres solutions de rechange pour que le plat, qu’ils offrent à leur progénitures, soit le plus économique possible.
Samy H.
