En effet, ce sont toutes les communes relevant des daïras de Sour El Ghozlane et Bordj Okhriss qui bénéficient de ces projets pour un montant global de 86 126 000 dinars.
L’économie locale est caractérisée par un élevage intensif d’ovins et la culture des céréales. Ce pastoralisme, auquel s’ajoute un certain semi-nomadisme, s’exerce de la façon la plus anarchique en matière d’exploitation des parcours.
La végétation steppique ne cesse de recevoir les coups de boutoir d’une exploitation effrénée du capital végétal au point de susciter les plus grandes inquiétudes des techniciens en la matière et des pouvoirs publics.
Les composantes du programme sont celles qui tentent de combiner entre les objectifs techniques de la lutte contre la désertification et les objectifs sociaux destinés à stabiliser les populations locales et à augmenter leurs revenus.
Pour l’année 2010, il est prévu de réaliser les actions suivantes : 50 km de brise-vent, 4 ha de bande verte, 200 ha d’entretien de reboisement, 14 km d’ouverture de pistes, 30 km d’aménagement de pistes et l’aménagement de 8 points d’eau. Pour le petit élevage familial, il est programmé 35 modules avicoles, 39 modules apicoles et 47 modules cunicoles.
La lutte contre la désertification est considérée comme un axe prioritaire dans la stratégie de l’administration des forêts. Les programmes qui lui sont destinés sont actuellement déclinés en projets de proximité où les populations sont appelées à adhérer à la préservation de leur milieu.
Des actions d’envergure étaient initiées auparavant dans le cadre du Barrage vert (reboisement, arboriculture fruitière, amélioration pastorale, infrastructures de desserte,…). Cependant, les résultats sont des plus maigres. Cela est dû à un manque de coordination avec les populations locales dont la sociologie et le mode de vie sont purement pastoraux. Les zones de parcours (pâturages sauvages) sont des espaces ‘’sacrés » qu’on ne pouvait pas fermer impunément par la mise en place d’autres cultures qui excluraient l’élevage ovin. Les deux logiques qui se sont affrontées sur le terrain ont fini par avoir raison des efforts des pouvoirs publics tendant à ‘’moderniser » l’occupation et l’exploitation des espaces steppiques.
Les espaces qui souffrent le plus du phénomène d’érosion demeurent sans aucun doute les terrains agricoles situés sur les versants des montagnes, aux piémonts ou sur les collines modérées.
Les terrains céréaliers de Ridane, Hadjra Zerga et Taguedite sont affectés par un ravinement irrémédiable qui porte un coup fatal à leur fertilité par la disparition de la couche arable supposée contenir le maximum d’éléments nutritifs. Ainsi, les rendements, pendant les années où le phénomène de sécheresse n’est pas signalé, ne dépassent guère les 20 à 25 quintaux à l’hectare. Il faut dire ici que l’inadaptation des méthodes culturales a joué un mauvais tour pour les agriculteurs : céréales sur des terrains trop pentus, labours dans le sens perpendiculaire des courbes de niveau,…etc.
L’aridité du climat sur ces latitudes (moyenne de 200 mm/an de pluviométrie) ne permet pas une régénération régulière des couverts végétaux perdus. Ce qui fait que même les plantes ancestrales de la steppe (armoise blanche, touffes d’alpha et d’autres spartes) voient leur espace se réduire en peau de chagrin. L’offre fourragère se fait de plus en plus rare rendant aléatoire la vie des pasteurs semi-nomades.
La dénudation des sols s’accompagne immanquablement de la perte des couches supérieures par l’effet de l’érosion hydrique (pluies torrentielles issues des orages) et de l’érosion éolienne (vent de sirocco soufflant souvent sur la région).
La stabilisation des populations requiert, comme on le constate dans les programmes proposés, la mobilisation des ressources hydriques aussi bien pour les habitants que pour le cheptel. Les récentes plantations fruitières réalisées dans le cadre des programmes sectoriels et dans le cadre du projet d’emploi rural ont besoin d’être protégées des vents par des plantations alignées de cyprès ou casuarina. C’est ainsi que 50 000 mètres linéaires de brise-vents sont programmés pour l’année 2010.
La densification du réseau de pistes est dictée par la nécessité d’ouvrir ces espaces aux projets de développement quel qu’en soit le secteur initiateur.
Le petit élevage est destiné à aider les populations à obtenir le rehaussement de leurs revenus, à donner une chance de travail à la femme rurale et à mieux stabiliser les ménages sur leurs terres. .
Le financement des dix projets est assuré par la combinaison de trois sources : le programme sectoriel de développement (PSD de la Conservation des forêts), le Fonds de la lutte contre la désertification et du développement du pastoralisme et de la steppe (FLDDPS) et le fonds du développement rural et de la mise en valeur des terres par la concession (FDRMVTC).
Amar Naït Messaoud
