« Yacine était un visionnaire, son œuvre est éternelle! »

La Dépêche de Kabylie : Vous venez d’assister à la clôture du colloque scientifique sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine, quels impressions vous laisse telle initiative ?

Fadhila Kateb : Naturellement je suis très émue, et enthousiasmée par l’amour que porte toute la région de Tizi-Ouzou et à leur tête, le directeur de la culture M. Ould Ali que je salue et félicite à l’occasion, à mon frère Yacine, ce colloque est justement une source de fierté pour nous car elle est abrité par une ville qu’affectionnait Yacine ainsi que Guelma, Ighil Imoula. Aujourd’hui Tizi-Ouzou est une ville d’art, authentique que Kateb Yacine aimait pour son originalité, il y a vécu pendant très longtemps et a été une bonne source d’inspiration pour lui.

Ne regrettez-vous pas le retard qu’a mis cette initiative pour sortir des terroirs de la tutelle ?

Le retard importe peu car même les œuvres de si Mohand ou M’hand ont mis des décennies avant d’être réhabilitées. Ce colloque a dépoussiéré l’œuvre de Kateb, même s’il y a eu des initiatives de ce genre dans d’autres wilayas, je considère que celui de Tizi est le meilleur, les gens de cette région sont pures et incarnent l’authenticité algérienne du haut de son firmament, Yacine devra être heureux et fière de Tizi.

Ce colloque a été aussi une occasion pour revisiter les œuvres de Kateb Yacine…

Absolument, Nedjma a été vraiment décortiquée par les participants dont certains connaissent Yacine mieux que moi. Le 20e anniversaire de sa disparition est justement une occasion de le réhabilité et lui rendre hommage par rapport à tout ce qu’il a donné à sa patrie, dommage qu’il a été durant des années éloigné de son peuple et muselé mais la force de ses œuvres l’a gardé debout au milieu des siens. Ce rendez-vous est aussi une opportunité qui nous est offerte pour demander aux responsables du secteur de la culture d’institutionnaliser le colloque pour en faire une tradition annuelle.

Il y a aussi d’autres projets, une fondation qui portera le nom de Yacine Kateb…

Oui ! j’ai d’ailleurs pris attache avec Amazighe le fils de Yacine qui se trouve actuellement au Maroc, afin justement d’étudier la chose et créer quelque chose chez lui, oui, une fondation, pourquoi pas !

Il y a aussi, ses œuvres qui sont en majorité introuvables sur le marché national, pensez-vous relancer leurs réeditions prochainement ?

Je déplore effectivement cet état des faits, ce n’est pas normal que les œuvres de Yacine soient disponible en France et ici non, ce qui est paradoxal ce que certains en font leur chasse gardée. J’ai été sidérée en ne trouvant aucun livre de Yacine dans les librairie d’Algérie, c’est vraiment désolant. C’est qui est aussi malheureux c’est l’attitude de la télévision algérienne qui nous passe presque du n’importe quoi sur l’artiste.

Pourquoi l’ENTV ne programme pas ses pièces de théâtre, Yacine n’est pas l’homme d’un seul livre. Les gens doivent le savoir. C’est un visionnaire et ses œuvres sont éternelles.

Entretient réalisé par Omar Zeghni