L’année 2009 n’a pas emporté avec elle tout le lot de terreur que provoque l’hydre terroriste islamiste en Kabylie ces dernières années. L’année dernière n’était pas de tout repos, ni pour les citoyens de Kabylie ni pour les services de sécurité en charge de la lutte antiterroriste. Ainsi, à une journée du Nouvel An, soit le mercredi, les services de sécurité ont réussi à abattre trois criminels à Aït Toudert, commune relevant de la daïra des At Ouacifs. Comme riposte à ce coup réussi de l’ANP, les sbires de Droukdel ont explosé une bombe artisanale au passage d’un convoi militaire, blessant ainsi quatre militaires. Ces terroristes affiliés à la nébuleuse El Qaïda écumant les maquis de Kabylie s’adonnent à toute sorte de crimes et de menaces. Entre kidnappings, assassinats, rackets, bombes…, les citoyens font face à une déferlante terroriste jamais connue auparavant. La pression qu’exercent les terroristes islamistes et certains de leurs relais médiatiques sur la Kabylie a fait que cette région est devenue, par la force la force des choses, un vrai coupe-gorge, où il ne fait plus bon de circuler, notamment à des heures tardives sur les rues désertes. La Kabylie, région engagée contre l’intégrisme islamiste dès son apparition en tant que phénomène de société engendré par les errements politiques et l’idéologie arabo-islamique imprimée à l’école algérienne, s’est retrouvée coincée entre le marteau de ses engagements démocratique et identitaires contre le pouvoir et l’enclume des groupes terroristes islamistes présents sur son territoire. Cet état de fait a provoqué un sentiment de déclin chez les citoyens qui, même les mains nues, ne fléchissent pas devant la pression terroriste, en n’accordant aucun intérêt à son projet, si ce n’est le rejet pur et simple de l’idéologie. Face à ce poids, la Kabylie ne courbe pas l’échine. Au contraire, elle a de tout temps montré son caractère frondeur et révolté. La démonstration nous est venue des citoyens des Iflissen qui ont bravé les groupes terroristes, qui, ces derniers, ont osé kidnapper un citoyen de cette région. La mobilisation des At Yeflissen a fait que les ravisseurs ont été contraints de libérer leur victime saine et sauve. La Kabylie a montré, à travers ce geste de bravoure hérité de nos ancêtres, que seule la mobilisation paye contre les intégrismes barbares et les oppressions. Elle qui est devenue un champ de bataille ne perd pas les repères. Ces citoyens connaissent la nature et les visées islamistes. Ses enfants ont eu à endurer les affres de l’islamisme, lorsque le pouvoir de Boumediene opposait à la revendication démocratique et identitaire de Kabylie le funeste projet islamiste. Même durant les événements tragiques du Printemps noir 2001, l’on se souvient des tentatives de récupération entreprises par les hordes terroristes de Hassan Hattab. Ni la colère ni le deuil de la Kabylie n’ont pu la dévier de ses revendications démocratiques. Elle a montré, encore une fois, à la face du monde, que son projet pour elle-même et pour l’Algérie n’est ni celui du pouvoir et encore moins celui des barbus. Elle a choisi le chemin de la liberté, où les intégrismes, notamment religieux n’ont pas droit de cité.
M. Mouloudj
