Des forêts à perte de vue mais…

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La circonscription de M’chedallah qui gère en fait les forêts domaniales de 2 daïras, soit M’chedallah et Bechloul, d’une surface de quarante mille (40 000) hectares qui avoisine les 42% de la surface globale de la wilaya de Bouira, est appelée à lancer plusieurs opérations à travers ce vaste territoire avec des moyens humains et matériels limités pour des opérations réparties aux quatre coins de la circonscription et qui nécessitent un suivi et une présence quotidienne sur le terrain dont nous récapitulerons les plus importantes. Ouverture d’une piste de 10 km dans la localité Ath Ikhlef, commune M’chedallah dans le cadre du PPDRI et dont les travaux viennent d’être lancés, accompagnés d’une opération parallèle de repeuplement (reboisement) de 50 hectares à raison de 625 plants de pin d’Alep (espèce principale) à l’hectare. Dans les communes de Saharidj et M’chedallah (Assif sahel), ce sont des opérations de sylvicole laguage (réduction des branches latérales), des travaux d’éclaircie et d’assainissement (nettoyage), un total de 100 hectares dont le taux d’avancement des travaux est estimé à 25%. Dans la commune d’Ath Mansour, sont lancés les travaux d’ouverture de 8 km de pistes, en parallèle à l’opération de sylvicole sur 100 hectares, ajoutés à une opération dénommée “correction torrentielle” qui consiste à canaliser les ravins et ruisseaux par la pose de gabionnage d’un volume de 3 000 m3. Dans la même commune, il est prévu le reboisement de 200 hectares à raison de 1 089 plantes d’alep à l’hectare ; rappelons que cette région d’Ath Mansour a été la plus affectée par une série d’incendies de forêts durant la saison estivale écoulée avec des milliers d’hectares de forêts vierges dont les surfaces ont été transformées en paysage lunaire suite aux ravages causés par ces incendies. Dans la commune d’Ahnif, l’aménagement d’une piste de 5 km est en voie d’achèvement (80%) en plus, de 50 hectares de repeuplement et 50 autres hectares de reboisement. La commune de Ouled Rached a, elle aussi, bénéficié d’un reboisement de 370 hectares et une ouverture de piste de 8 km. A Ath El Kseur, ce sont 50 hectares de forêts repeuplées et 1 000 m3 de corrections torrentielles dont les travaux sont en cours et cela, en attendant qu’une série d’autres opérations, ne soit lancée dans d’autres communes, telles Aghbalou, El Adjiba et Bechloul. C’est souligner l’impressionnant volume de travail ou plus exactement du suivi, sachant que ces opérations sont menées par le système de sous-traitance pour la plupart auquel fait face la circonscription de M’chedallah avec des moyens dérisoires, ce qui explique l’ampleur des dégâts que subit le tissu forestier de cette région qui ne peut être qualifié que de catastrophe écologique à cause d’un manque flagrant de moyens adéquats pour la protection et la préservation du tissu végétal, un tissu qui se réduit chaque année, comme une peau de chagrin, sachant qu’en plus des atteintes considérables portées à nos forêts et dont la cause est humaine (incendie, défrichements et braconnage), d’autres catastrophes tout à fait naturelles, causent leur part de dégâts et de dégradations des surfaces forestières, à l’exemple de la chenille processionnaire, ennemie principale du pin d’Alep, qui compose 80% du tissu végétal domanial.

Dans la circonscription de M’chedallah, dont le territoire est montagneux, les ouvertures de pistes sont d’une utilité très limitée, aucune piste ne peut résister plus d’une année aux pluies torrentielles et aux chutes de neige, ainsi que les inévitables ouvrages, leur entretien revient au même prix, que l’ouverture d’une nouvelle piste. Ne pense-t-on pas que l’acquisition de Canadairs (avion anti-incendies) serait beaucoup plus efficace et surtout beaucoup moins cher pour la protection de ce qui reste de nos forêts contre les incendies et ces parasites qui représentent une réelle menace écologique ? Des avions qui serviront aussi à la lutte anti-accridiennes, dont l’Algérie reste exposée à des risques d’invasion à tout moment.

Un moyen moderne que l’actuelle manne financière permet d’acquérir, il ne suffit pas de signer toutes les conventions internationales relatives à la protection de l’écosystème, il faut passer aux actes. Nous croyons savoir qu’un avion Canadair a été expérimenté avec succès à Khenchela, dans la lutte contre la chenille concessionnaire, l’appareil s’est révélé d’une extraordinaire efficacité, selon nos sources.

Oulaïd Soualah

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