Annoncée pour trois jours de suite, à plus de six cents mètres d’altitude, la neige n’est finalement arrivée que samedi aux aurores. En prévision des pénuries qui risquent de survenir, en de telles circonstances, les pères de famille n’ont pas cessé de faire des provisions, depuis mardi dernier. Chacun stocke ce qu’il peut, suivant ses moyens. La semoule, le gaz, le mazout ou le bois font partie des priorités des ménages. Les légumes secs viennent après mais comme l’indique ce vieil homme « quand on a le couscous et l’huile, on a tout ». Samedi, jour de marché, seuls quelques étals de marchands locaux, ont occupé la grande rue.
Les flocons de neige qui tombaient par intermittence étaient accompagnés de vent et surtout d’un froid glacial. Les rues furent vite désertées. La plupart des villageois, venus pour les courses, surtout pour le pain et le lait, se sont hâtés de rentrer chez eux, de peur de rater les derniers fourgons. L’alerte fut finalement de courte durée puisque de neige il n’y eut que quelques flocons, vite fondus. Le BMS n’était pas destiné pour Michelet qui en a connu d’autres. D’habitude, lorsqu’on annonce le manteau blanc, à moins de mille mètres, on sait qu’il ne passe pas inaperçu. La vie quotidienne est perturbée plusieurs jours de suite, car le verglas prend le relais dès que le beau temps revient. Ce qui n’a pas manqué de se produire puisque, les quelques centimètres de poudreuse tombés dans la soirée, sont vite gelés par les températures nocturnes descendues au dessous de zéro. Dans la matinée de dimanche, la circulation automobile était réduite au strict minimum.
Les déplacements, à pied ou en voiture, deviennent difficiles, voire dangereux, à certains endroits. Si la poudreuse n’est pas au rendez-vous, ce week-end, rien ne dit qu’on échappera au verglas. La prudence est de mise pour les jours à venir.
A. O. T.
