Les familles, plus de soixante-dix, de la cité de Maâmar à huit kilomètres au nord de la ville de Draâ El Mizan, sur la RN 25 menant vers Tizi-Ouzou, se trouvent encore désespérées après le mouvement du sol (fissures larges et profondes) apparues depuis une dizaine de jours sur le site choisi pour la réalisation de logements. « On a peur de rester longtemps les toits qui ne tarderaient pas à nous tomber dessus », se lamente ce père de famille. Ce dernier fait allusion au projet retenu pour éradiquer cette cité dans le cadre du RHP. Car, les immeubles prévus à cet endroit, ne verront plus le jour en raison des fissures précitées. « Il faudrait peut-être choisir un autre terrain. Mais la procédure va prendre encore des années, alors que nos habitations sont sévèrement délabrées », la solution envisagée est de démolir tout et d’y construire ces logements sur place. « Par exemple, ils peuvent nous recaser dans des chalets durant une période ne dépassant pas vingt-quatre mois et lancer le projet en lieu et place de la cité. Ils pourraient même envisager de réaliser des locaux pour les jeunes chômeurs », suggère une autre personne. En tout cas, ce sujet anime de plus en plus les discussions au sein de cette cité. Cependant, nombreux sont ceux qui sont pessimistes. « Je ne crois pas que cela va aller aussi vite qu’on le pense. Déjà avant d’arriver au choix du terrain, il a fallu attendre des années. Reprendre tout à zéro prendra encore d’autres années. Nous sommes toujours en danger d’autant plus qu’un glissement de terrain en aval est à craindre », remarque l’un d’eux. Pour le moment, les mesures d’urgences prises au lendemain de ce qui allait devenir une catastrophe sont rentrées en application. On citera par exemple l’entreprise Haddad qui a engagé de gros moyens afin d’évacuer les masses de terre amassées sur l’air de jeu en cours de réalisation, qui seraient l’un des facteurs, ayant favorisé le mouvement de ce sol argileux. Quand à la famille Ouicher, sévèrement menacée, elle est toujours sur place. Le béton colmatant les fissures et servant de témoin à l’élargissement de ces trous trop profonds n’a pas bougé, a-t-on appris. Ce qui démontre que le sol serait stabilisé.
Amar Ouramdane
