Le lycée Nacereddine M’chedalli a enregistré un mouvement de grève depuis dimanche après-midi, dénommé par les grévistes « grève pour la dignité » et dont les revendications sont d’ordre socioprofessionnels.
Un groupe d’enseignants que nous avions approché ce lundi, au 2e jour de débrayage, soit lundi après-midi, évoque une série de contraintes dont nous citerons quelques unes : à commencer par les conditions de travail qu’ils disent incompatibles avec la profession tel que le manque d’équipements au niveau de la salle de tirage (ronéo en panne), une réduction drastique d’effectifs d’exécution tels que la maintenance et adjoints de l’éducation ; nos interlocuteurs racontent que plusieurs agents ont été affectés au nouveau lycée d’Ath Mansour (Thaourirth) sans qu’ils ne soient remplacés, une réduction d’effectif opérée au niveau de tous les lycées de la daïra de M’chedallah pour le démarrage de ce nouveau lycée apprend-on au niveau de plusieurs établissements du secondaire. Et cela au moment où l’Etat engage tous ses efforts pour résorption du chômage par la création de postes d’emploi, en grignotant sur les effectifs des autres établissements pour faire fonctionner ce nouveau lycée, les responsables de ce secteur ne vont pas dans le même sens.
Une autre contrainte soulevée par les grévistes est la dégradation assez remarqué de leur établissement tel que l’accumulation de l’eau de pluie dans la cour, infiltration au niveau de l’étanchéité, à laquelle, vient se greffer l’insécurité en raison d’un mur de clôture très bas, un mur de protection qui ne protège plus de la rue, dans un environnement fait de délinquance et d’aventuriers de toutes sortes. Nos interlocuteurs parlent de plusieurs intrusions et que l’enceinte de cet établissement a été violée à maintes reprises, les enseignants parlent d’un problème de compétence territoriale entre les deux corps de sécurité, la police et la gendarmerie. Sur un autre volet, les grévistes revendiquent la gratuite des repas de midi pour leur corporation, des repas qu’ils payent à 70 DA, ces enseignants dont la plupart résident à plus de 50 km de leur lieu de travail, demandent soit la gratuite des repas ou le bénéfice de la prime du panier. Notons pour notre part que ce lycée mis en service en 1983, assure les cours à 1 051 élèves repartis sur 33 divisions et qui comprend aussi, un internat de 80 lits, montre des signes d’essoufflement et de précarité et qu’il doit faire objet d’une opération de restauration et d’aménagement pour arrêter sa dégradation.
Oulaïd Soualah
