La Dépêche de Kabylie

Hassan Yebda, le magnifique

Son abattage physique a permis à toute l’équipe d’y croire d’entrée et de se rassurer pour le reste du match. Présent sur les duels qu’il allait provoquer lui-même très haut. avec son pressing constant sur le porteur du ballon, Yebda a mis tout le monde en confiance et a insufflé cet esprit de gagneur à ses camarades qui se sont senti, du coup, de plus en plus maîtres de la situation. C’est la grinta affichée par Yebda qui a ouvert la voie aux autres pour acculer les Maliens et les surprendre de la sorte. Il était vraiment sur tous les coups dans cette rencontre. On l’a vu souvent se replier derrière pour aider sa défense sur les balles arrêtées. On l’a vu aussi dans son rôle de relayeur pour remonter le ballon et le donner à Ziani avec lequel il s’entend à merveille. On l’a aussi vu distiller des passes lumineuses pour aérer le jeu, ou lancer en profondeur le virevoltant Karim Matmour qui n’en demandait pas moins. il a fait sentir tout de suite qu’il avait la clé du match dans sa main, tellement il avait brillé de mille feux.

Yebda nous a fait sentir dans ce match qu’il a bien mûri dans cette équipe, prenant de plus en plus d’aisance à garder le ballon et à mener le jeu, comme il aime le faire lorsqu’il se sent dans les meilleures conditions. Il l’a fait en plus si intelligemment qu’il n’a pas fait sentir à Karim Ziani qu’il empiétait sur ses plates-bandes de meneur de jeu. Mieux encore, il a allégé le jeu du maestro des Verts qui s’est retrouvé, du coup, soutenu à l’avant comme à l’arrière. Cela s’est vu tout le long de la partie et Ziani s’est régalé à ses côtés.

Plus fort que Sissoko, Keïta et Diarra réunis !

Contre le Mali, Hassan Yebda a également séduit par son agressivité sur le marquage de ses vis-à-vis, imposant le respect à des joueurs comme Sissoko, Seydou Keïta et Diarra qu’il a effacés totalement au milieu du terrain, marquant son territoire royalement durant toute la bataille. Il a tout bonnement été plus fort que ces trois géants réunis, les laissant souvent sur place dans bon nombre de duels. L’Algérien a joué avec aisance et intelligence. C’est ce genre de prestation qui l’a fait élire meilleur joueur de la saison au Benfica de Lisbonne. Ceux qui ne le connaissaient pas vraiment dans ce rôle peuvent aujourd’hui comprendre aisément pourquoi son nom était annoncé à l’Inter de Milan et pourquoi José Mourinho l’avait encensé de la sorte. L’Algérie peut donc être fière de voir ce joueur étincelant se donner de la sorte face au mali, Mais cela ne s’est pas fait sans casse, puisqu’il a écopé d’un bon carton jaune qui a envoyé Sissoko se faire soigner sur le bord de la main courante, avant de céder sa place quelques minutes plus tard. Un carton qui aurait dû en principe le freiner dans son élan et refroidir un peu ses ardeurs. Mais le gladiateur était si chaud qu’il n’a pas reculé d’un pouce, allant de plus en plus au charbon et ne faisant aucune concession à ses adversaires. le plus admirable dans sa prestation, c’est que Yebda a été à la fois rugueux et technique.

Ce qui n’est pas donné au premier venu à ce niveau du jeu. C’est ainsi que Hassan Yebda a mérité amplement sa place de titulaire, qu’il ne semble pas près de céder de sitôt, maintenant qu’il s’est totalement installé.

Ferhat Zafane

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