L’école du centre en vacances forcées

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Par les temps qui courent, il devient de plus en plus courant que les protestataires aient recours à la rue, pour se faire entendre. La grève entamée par les parents d’élèves de l’école de garçons de Aïn El Hammam semble se diriger tout droit dans cette direction. Avant d’y arriver, les protestataires ont d’abord tenté de nouer le dialogue avec les autorités locales. “N’ayant pas été entendus, nous avons, la mort dans l’âme, décidé de retenir nos enfants à la maison plutôt que de les laisser suivre les cours dans les conditions actuelles”, avoue un père, membre du collectif des parents d’élèves. Il nous apprend, par ailleurs que l’assemblée générale, tenue jeudi dernier, a pris la décision de continuer le mouvement en le radicalisant graduellement. A compter de la semaine prochaine, il est prévu certaines actions à même d’attirer l’attention de la population et des hautes autorités locales et wilayates, ils demandent le retour de leurs enfants dans leur école, d’où ils ont été délogés depuis maintenant près de quatre mois. “Pour rien”, insistent-ils, puisque les raisons pour lesquelles les autorités avaient décidé d’évacuer les lieux, au mois d’octobre, ne semblent plus “tenir la route” aujourd’hui. Des travaux qui devaient être entamés rapidement attendent toujours d’hypothétiques études de terrain. Aucune trace de chantier n’est visible dans l’enceinte de l’établissement qu’on nous a fait visiter. Du coup, de nombreuses questions sont posées par nos hôtes. Tout un bâtiment, en contrebas, sert d’appui à la cour de récréation alors que le mur d’enceinte du côté opposé est utilisé pour soutenir la construction en cours, d’une crèche. “Si les deux édifices ne sont pas menacés, comment l’école qui se trouve au milieu le serait-elle ?”, relève un enseignant. En attendant que des réponses soient apportées, les parents d’élèves exigent la réintégration de leurs enfants dans leur école. Cependant, il est navrant de constater que cette situation qui, maintenant s’apparente à un coup de force, soit partie pour durer. Elle ne peut être justifiée par aucune raison, dès lors qu’il s’agit de l’avenir de toute une génération. Il est inadmissible que près de deux cents enfants soient privés d’école, depuis plus de dix jours, sans que personne ne daigne se rapprocher d’eux.

A. O. T.

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