La faible récolte des olives de cette saison, s’est, comme il fallait s’y attendre, répercutée sur le prix de l’huile. La plupart des agriculteurs de la région de Aïn El Hammam, habitués à approvisionner le marché local, se plaignent, eux aussi, d’en avoir tout juste pour leur consommation familiale. Ceux qui arrivent à dégager un surplus ne vendent qu’à “des connaissances”, qui n’hésitent cependant pas à mettre le prix, sachant qu’ils achètent un produit de bonne qualité. Certains avouent l’avoir payée à près de six cents dinars le litre, beaucoup plus cher que sur la place de Michelet. Beaucoup de consommateurs se rabattent, d’ailleurs, sur le marché hebdomadaire bien qu’il soit, malheureusement, rare de dégoter de l’huile pure. Les acheteurs se méfient de ces étrangers qui pourraient avoir frelaté leur marchandise. Un vieil homme, visiblement connaisseur, fait la moue, après avoir sucé son doigt qu’il avait trempé auparavant dans un bidon. “La rareté du produit pourrait tenter les adeptes du gain facile”, avoue-t-il.
Les quelques vendeurs qui viennent régulièrement au marché hebdomadaire proposent leurs produits à des prix défiant toute concurrence. Debout, à côté de leur camionnette, deux jeunes hommes disposent de fûts, pleins à ras bord. Les coûts proposés varient selon l’année du millésime. Ainsi, “la récolte de cette année” est proposée à quatre cent quatre-vingts dinars (480 DA). Si la récolte des olives est très faible dans la quasi-totalité des oliveraies de la région, il semblerait qu’elle ne serait pas nulle, comme le laissent entendre certains. Les huileries ont tout de même ouvert, jusqu’à ces derniers jours, et des paysans y ont écrasé leur grain. Alors, réalité ou surenchère pour flamber les prix ?
A. O. T.
