Depuis qu’elle s’est mise à gagner, l’équipe nationale de football ne laisse plus personne indifférent. Les fans qui, auparavant, se comptaient parmi les plus jeunes, voient maintenant leur rangs grossir, avec l’arrivée de nouveaux supporters, de plus en plus âgés. Dans les foyers, c’est la communion, entre plusieurs générations. Tous se mettent devant leur poste de téléviseur, pour cet événement que tout nationaliste qui se respecte, se doit de ne pas rater.
Les cœurs se mettent à battre à l’unisson, au rythme des foulées de Belhadj ou au gré des parades de Chaouchi. Haliche, Djebbour, Ziani et tous les autres, des noms que tous connaissent maintenant.
La fièvre a atteint tous les foyers des villages les plus reculés. Il ne s’agit plus de jeu mais plutôt de dignité. Les drapeaux ressortent, encore une fois, comme à chaque événement qui touche la nation. La victoire, au bout de cent vingt minutes à fait vibrer les quatre coins de la commune. Malgré l’heure tardive de la fin de la rencontre contre la Côte d’Ivoire, les irréductibles n’ont pas raté le tour habituel.
Le rituel est maintenant bien ancré. A la fin de chaque match gagné, les villageois convergent vers la ville pour faire la fête. Leurs chants mêlés au concert des klaxons des automobiles raisonnent en écho, jusqu’aux lointaines cimes du Djurdjura.
En attendant d’autres moments de joie et de défoulement, les drapeaux ne sont pas rangés. Ils sont juste accrochés, en évidence, à portée de la main, pour les ressortir lors de la prochaine victoire contre… l’Egypte.
A. O. T.
