La rue de la petite ville de Saharidj dont un tronçon de la RN 30 la traverse au centre dans le sens nord-sud, bien que modernisée et élargie, a été rétrécie par les étalages des commerçants de fruits et légumes, à tel point que le croisement de deux véhicules pose un sérieux problème pour les conducteurs qui doivent user de manœuvres pour passer, encouragés par l’absence de réaction des autorités. Les commerçants ont commencé à étaler leur marchandise directement sur la chaussée et cela, après que les trottoirs aient disparu sous leurs étals. Et quels étals ? Ils forment un décor qui nous propulse aux années 60 car étant aménagés à base de bâches sales et déchirées, des sacs de jutes et même de simples morceaux de cartons pour certains, un décor d’une laideur repoussante qui accueille le visiteur.
En plus de constituer de véritables foyers d’épidémies à cause de la saleté qui y règne en maître absolu dans ces lieux — Et comment ! Puisque des commerçants démunis de civisme abandonnent sur place, tous les déchets provenant de leurs marchandises avariées sur lesquelles piétinent les centaines de citoyens qui fréquentent ces lieux. A l’extrémité de cet alignement de baraques hideuses, d’autres baraques de vendeurs de tabacs sont érigées à proximité de l’arrêt des fourgons, en d’autres lieux, ce sont les marchands de volailles sur pied qui ont pris possession d’un terrain vague qu’ils ont transformé en abattoirs de volailles en plein air, les clients exigent à ce que le poulet soit égorgé sur place.
Toutes ces activités anarchiques sont entreprises sur un lieu qui fait aussi office de centre-ville et en même temps, de centre commercial, le gros des cafés, magasins d’alimentation générale, taxiphones et bureaux de tabac forment un demi-cercle autour de cette placette. Tous ces magasins et boutiques reçoivent chacun sa part, d’odeurs nauséabondes, le tout dans un environnement pollué, une atmosphère empestée sans que personne n’élève la voix pour mettre le holà à cette déplorable situation et qui s’empire durant les saisons chaudes avec les retombées négatives sur les riverains et le consommateur. Ni les autorités locales, encore moins, le bureau communal d’hygiène ou celui de la prévention ne se sentent interpellés par cet état de faits d’où sont bannies les règles les plus élémentaires d’hygiène en plus d’obliger les centaines de citoyens qui circulent sur cet inévitable espace, à des acrobaties entre les cageots ; c’est un trajet qui constitue une voie unique empruntée par les écoliers du lycée, ceux du CEM et enfin les potaches de la nouvelle école primaire ; les trottoirs sont complètement squattés sur environ 300 m, tous ces élèves slaloment entre les véhicules pour passer. La plupart des véhicules qui circulent sur ce tronçon aux heures de pointe étant occupés par des fonctionnaires pressés de se rendre à leur lieu de travail ainsi que le nombre de fourgons de transports conditionnés par le nombre de navettes effectuées entre Saharidj et M’chedallah ; enfin, ce sont les transports scolaires qui engagent chaque matin une course contre la montre entre ces deux villes, il est facile d’imaginer la fébrilité et la fièvre qui s’emparent de tout ce beau monde qui emprunte obligatoirement ce tronçon de la RN 30 que les squatteurs ont réduit en … Sentier de chèvres.
Oulaid Soualeh
