Une richesse inaccessible

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C’est une réserve naturelle, ce qu’il y a de plus riche, de plus vaste et de plus beau. Avec une superficie qui avoisine des milliers d’hectares, culminant à plus de 1 000 mètres, coincée à cheval entre les wilayas de Bgayet et Tizi Ouzou, la forêt d’Akfadou est un point d’ancrage d’une chiche biodiversité et est en passe de devenir l’un des meilleurs sites nationaux.

Si l’orée reste le domaine de prédilection des espèces ovines et bovines dont la vie est rythmée par les changements de saison, les entrailles de la forêt jouissent d’une capacité d’accueil et d’émancipation extraordinaire à même de donner un cadre de vie agréable, doublé d’un lieu propice à la protection des animaux, les espèces menacées en particulier.

La forêt d’Akfadou, dont l’existence remonte à des millions d’années, est surtout peuplée essentiellement de chêne zéen et de chêne liège, auxquels il faut ajouter accessoirement le houx, le cèdre et le sorbier. Par endroit, le sapin tient bon au sol. En d’autres endroits, c’est le châtaignier qui s’enracine le mieux.

Les chacals, les lièvres et les sangliers pullulent. Les renards, les genettes et les civettes ne cessent de s’accroître. Quant au cerf de berbérie, son intégration semble se dérouler avec enchantement.

Cependant, la vedette de la forêt est sans conteste le singe magot qui, par temps glacial, s’aventure jusqu’aux limites des villages environnants à la recherche de quoi se mettre dans la panse. Aux divers reptiles et batraciens, il y a lieu d’ajouter à cette panoplie animale une longue litanie d’oiseaux et une longue série de rapaces.

Au milieu de cette densité de faune et de flore, quelques endroits vaseux forment des lacs de superficies variables mais à l’intérêt évident.

L’hiver, le climat est très froid. L’été, il fait doux. Nonobstant ces considérations climatiques, aucun projet à caractère touristique qui sied au massif ne pointe à l’horizon.

Entourée par les communes de Chemini, Akfadou, Tifra, Yakouren, Idjeur et Bouzeguène, la forêt d’Akfadou joue le rôle de poumons de toute la région, mais une richesse de cette envergure mérite d’être consolidée par une bien meilleure exploitation afin de devenir un pôle important pour la création d’emplois.

Si plusieurs chemins mènent à Akfadou, ce ne sont en fait que des chemins qui montent ! Plusieurs pistes cahoteuses serpentent vers la forêt, mais au demeurant, elles sont impraticables.

L’unique chemin digne de ce nom, allant d’Azrou via Semaoune, date de l’ère coloniale. Il était consciemment préparé en vue de l’installation d’une antenne de télécommunication et cependant, après des tentatives de rafistolage, il est actuellement impossible à suivre par les quatre roues, mince !

La forêt d’Akfadou est pourtant une chance inestimable pour la région et tout notre pays. Une meilleure prise en charge durable serait nettement plus bénéfique à l’économie locale et nationale.

En attendant que la forêt obtienne un statut d’envergure nationale et panser définitivement ses plaies, ce sont les bûcherons clandestins qui se régalent à coups de tronçonneuses et autres surenchères destructrices qui leur rapportent bien du flouss !

Tarik Djerroud

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