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La plus ancienne mosquée sous les projecteurs

La mosquée d’Ath Vrahim qui est, selon tous les sondages opérés dans la région, la plus ancienne de la daïra de M’chedallah et parmi les premières au niveau de la wilaya. Des archives que détiennent certains notables de cette localité font ressortir qu’elle a été construite en 1652, durant la dynastie romaine, puis rénovée en 1710. Des renseignements concordants, confirmés par certains matériaux utilisés pour sa construction, tel que des poutres confectionnées à partir de troncs de pin d’Alep, le plancher de l’étage supérieur est du même bois, l’assemblage des pierres taillées à base de chaux vive (el djir) constituant les murs de façades dont la principale comporte une série d’arcades. Hormis quelques réfections (dont le minaret) et le couloir qui servait aussi de passage élargi (askif) ; l’architecture de cette mosquée est gardée et conservée intacte, telle qu’elle a été construite, y compris l’escalier tournant en bois qui a émerveillé des architectes français.

Après le directeur les affaires religieuses, celui de la culture et le wali qui l’ont successivement visitée et inspectée, ce dernier (wali) a fait un don de 100 millions de centimes destinés à sa rénovation et à son extension, c’est au tour d’une équipe de l’ENTV qui est venue ce mercredi faire un reportage avec prise d’images doublées d’un enregistrement sonore de plusieurs personnes qui ont donné un bref historique de ce site plusieurs fois centenaire. Le cameraman avait toutes les peines du monde à se soustraire au charme du sommet de Tamgout (lalâa Khadidja), un panorama “plein écran” au pied duquel se trouve la mosquée, cette équipe de la télévision qui découvre pour la première fois ce coin paradisiaque avait du mal à se concentrer sur l’objectif de sa mission, ils sont repartis non sans avoir immortalisé avec leur caméra, cette fabuleuse montagne revêtue de son plus beau manteau d’apparat, étincelante sous les rayons du soleil et qui s’est faite belle pour accueillir ses hôtes. Une autre équipe d’étudiants, de l’université de Blida, de la filière “Protection de sites historiques” (CPCH) a élu domicile dans cette mosquée depuis plus d’un mois. Ces étudiants qui y sont encore, s’attellent à rédiger leur mémoire de fin d’études et c’est sur conseil de la direction de la culture de Bouira qu’ils ont fixé leur choix sur cette mosquée, sachant qu’en plus de sa valeur archéologique, il existe autour d’elle, plusieurs maisons de même âge qui renferment une page importante de la mémoire collective et d’histoire du aârch Imchedallen. Ces étudiants étrangers à la région et qui ne parlent pas le kabyle, ont été rapidement intégrés, adoptés et pris en charge par les villageois qui leur ont ouvert les portes et qui font tout pour leur faciliter leurs recherches et les mettre à l’aise. Ces étudiants ne donnent pas l’impression d’être pressés de quitter Ath Ivrahim. Les sages de ce village et l’association religieuse de la mosquée, les assistent dans leurs déplacements et même leurs restaurations, aidés en cela, par le phénoménal jeune imam, originaire de Béchar, qui parle couramment le kabyle et qui s’est définitivement intégré. Intransigeant sur les règles de l’hospitalité, cet homme de culte a insisté pour faire goûter à tout le monde Thakerboucht (dattes), du lait caillé arrosé des traditionnels 3 tasses de thé préparé par ses soins dans le préau même de la mosquée.

Des indiscrétions colportées sur les lieux nous apprennent que le déplacement de l’ENTV s’est effectué sur proposition de la direction de la culture de la wilaya de Bouira ; espérons que cet organisme ne s’arrêterait pas à cette seule mosquée mais s’étendrait à d’autres sites archéologiques de M’chedallah, tel le fort turc d’Assif Assemadh, les ruines romaines et berbères de Saharidj ainsi que la centrale électrique d’Illiten entre autres.

Oulaïd Soualah

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