Terrains nus attendent reboisement

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La campagne de reboisement, attendue depuis des années, n’aura pas lieu encore cette année. Devant la déforestation massive, les champs, jadis verdoyants, laissent apparaître de grandes éclaircies. Il n’y a pratiquement plus de forêts impénétrables où l’on aimait s’aventurer, il y a peu. Dans les maquis où le feu n’est pas entré, la scie électrique, plus efficace que la hache, n’a pas épargné le chêne et les autres espèces. Il faut se rendre à l’évidence que les incendies et la coupe du bois de chauffage ne sont pas les seuls destructeurs de nos forêts. Un nouveau commerce juteux vient de faire son apparition. Les revendeurs de pieds droits, en bois, utilisés dans la construction, n’hésitent pas à en couper par centaines, sur les rives des oueds. De jeunes arbres sont abattus sans ménagement. A ce rythme, la régénération de la forêt n’a aucune chance de s’opérer sans l’intervention de l’Etat pour mettre un frein au pillage et opérer un reboisement massif. Les quelques arbres mis en terre, dans leurs champs, chaque année, par leurs propriétaires sont loin de suffire à la reconstitution des zones détruites par le feu. D’ailleurs, ceux qui « travaillent » leurs champs n‘engagent de dépenses que pour les arbres fruitiers, aux alentours des villages.

De toute façon, les prix affichés sur le marché, ont vite fait de dissuader les agriculteurs les plus acharnés. Ils échelonnent leurs achats sur plusieurs années, pour reconstituer leurs vergers. Rentabilité oblige, personne n’osera se déplacer sur des kilomètres pour planter un orme, un frêne ou un chêne. Quant aux maquis déboisés, ils attendront encore longtemps

Pour ce genre de besogne, les citoyens attendent un plan d’urgence de la part de l’Etat qui tarde à venir. Or, depuis les années quatre-vingt-dix (90), le feu fait rage à chaque été. Des centaines d’hectares partent en fumée, sans qu’on aille au-delà de l’intervention de la Protection civile. Les dégâts sont toujours consignés dans des rapports transmis à qui de droit. Simple formalité dirons –nous, puisqu’ils demeurent sans suite. Pourtant, en plus de la montagne, c’est les forets verdoyantes qui représentent la richesse de notre région. La beauté de ces paysages n’est plus celle d’antan, avec la végétation luxuriante qui donnait tant de charmes à nos collines. Nous assistons à une destruction lente mais inexorable de notre patrimoine forestier, sans qu’aucune main secourable ne vienne y mettre un terme.

A.O.T.

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