Aomar, Kallous, Béni Mellil et Tizi Larbâa, des localités qui tiraient autrefois de substantiels revenus des produits agricoles grâce à la discipline imposée par la collectivité, regrettent amèrement les assemblées organisées par thajmaâth pour décider sur la période de la cueillette de ces denrées alimentaires. Un monde d’organisation social qui permettait aux propriétaires des champs d’accéder tous en même temps à des jours bien déterminés aux récoltes et qui persuadait par là même les individus ne vivant pas de leur sueur à ne pas s’introduire dans Thafarka des autres. Ainsi, la population pouvait avoir droit chaque mois de novembre au marché de Aomar où atterrissent les stocks de figues sèches produites à Aomar, Kallous Beni Mellil et Tizi Larbâa et qui venaient aussi estimer des visiteurs à un fruit sec bien conditionné et à bon prix. Des transactions qui n’ont pas gardé trop longtemps hélas une stabilité à portée de tous les portefeuilles, du fait de l’abandon massif de la culture au profit d’un emploi assuré et des virées répétées des chômeurs sur les champs au stade de maturation du fruit. D’année en année, on assiste à une baisse sensible des arrivages de figues sèches à Aomar ce jour de marché, une disponibilité en quantités peu suffisantes qui a déjà commencé à sa faire ressentir dés l’autonome 2006, où le tout venant, un sac de 10 KG mélangé de 5 KG de 2e et 3e choix se cédait à 130DA/KG, et le bon calibré à 150DA/KG. Une année plus tard, en 2007, la marchandise tout venant que l’on appelle aussi « Toufna » dans le jargon des conditionneurs à atteint 150DA/KG, et celle de meilleure qualité 170 DA/KG. Plus particulièrement dans la vente de figues sèches, les marchands adoptent une stratégie très payante pour maintenir le prix à un haut niveau, elle consiste en une entrée de toutes les voitures bâchées chargées de ce produit, dès 6h du matin vers le marché, et un retrait simultané à l’approche de 9h. Une manière comme une autre de donner l’impression que tous les tonnages déplacés ont été écoulés, et que d’ici peu, il n’en restera pas assez pour tout le monde. Une procédure qui encore influe sur la production de cette année 2009/2010 qui, il est vrai ne pèse pas lourd en raison des fortes canicules ayant sévi en juillet et août pour cela la figue extra se vend à 220DA/KG sur le marché, et les dépositaires la servent en gros à 280DA/KG. Ce produit de bonne facture, dit aussi en milieu paysan « Alla Haba », est détaillé par les magasins à pas moins de 450 DA/KG.
A. Chérif