Finalement après deux longs mois d’attente, les résultats du concours de recrutement d’enseignants de tamazight sont affichés à la grande joie des postulants. Ils sont donc, cent neuf déclarés admis à enseigner cette langue dans les différents paliers de l’enseignement. « Je suis très content d’avoir réussi cet examen. Non seulement, cela me donnera l’occasion de trouver un poste d’emploi, mais surtout enseigner Tamazight. J’ai eu une licence de lettres arabes. J’ai frappé à toutes les portes. Il a fallu refaire une autre licence en Tamazight Dieu merci, je garderais ce poste que j’ai occupé depuis le début de l’année scolaire », nous a dit une jeune fille accostée devant le portail de la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou.
Effectivement, ces licenciés admis sont tous contents. Les cents neuf nouveaux enseignants viendront à point nommé renforcer le rang des professeurs de cette langue qui, disons-le, ne sont pas encore nombreux, quant on sait que les besoins sont toujours énormes.
Nombreux sont encore les lycées où cette langue n’y est pas encore enseignée. « Il faudrait que les responsables du secteur donnent davantage de postes budgétaires pour Tamazight qui est toujours le parent pauvre de l’éducation nationale comparativement aux autres langues. On ne parle pas encore de sa généralisation à l’échelle nationale, mais d’abord dans les régions berbérophones. Vraiment, c’est ce qui n’a pas été décidé au lendemain de son introduction dans le système éducatif. Car, on nous a dit que chaque année, ils vont augmenter de 10% l’effectif déjà existant », nous a confié, l’un des premiers enseignants de Tamazight reconverti en 1995.
Pour ce dernier, c’est encore en deçà de nos espérances.
En dépit de tout ce manque, les responsables du secteur pensent qu’il ne faut pas tomber dans la facilité dans le recrutement des enseignants comme ce fut le cas pour la langue arabe quand la décision a été prise d’arabiser l’école algérienne. « Il faut aller doucement, mais sûrement », telle est la déclaration d’un autre enseignant.
Amar Ouramdane
