Toujours pas l’ombre d’un seul café maure

Lakroub, beaucoup plus connue sous le nom de Grabi, rêve d’une infrastructure socio-culturelle ou à la rigueur d’un local qui puisse accueillir les villageois après des journées chargées, un lieu de rencontre qui fait défaut jusqu’à l’heure. Lakrarib n’est plus ce petit village d’antan, il approcherait, en lui joignant les populations des 11 hameaux qui lui sont rattachés, dit-on, sur ces hauteurs à l’est de Aomar, des 4000 habitants. Un beau, mais pauvre patelin, voit chaque matin la majeure partie de ses résidants aller vers toutes les directions de Bouira pour gagner leur croûte quotidienne. C’est comme pour reprendre l’image donnée d’un habitant : « Cette agglomération est une véritable fourmilière que ne regagnent ses occupants que tard, au coucher du soleil, tirant sur leur chemin tout ce dont elles ont besoin en ce sens ».

C’est justement au retour d’une longue et pénible journée de travail, qu’on s’ennuie à en mourir à Lakrarib, surtout lorsqu’il pleut ou il fait chaud, des temps défavorables qui les empêchent de joindre l’extérieur du fait de l’inexistence à Lakrarib d’un espace couvert approprié aux rencontres.

Tout au moins, lors des soirées froides, mais non pluvieuses, on ne se prive pas malgré cela de programmer avec des personnes de sa génération des petits tours à l’extérieur, où on occupe un pan de trottoir en allumant un feu dont les flammes projettent des lumières sur les alentours dépourvus d’éclairage.

A Lakrarib, on est forcés à ne recourir qu’à ce moyen, du fait de l’indisponibilité du moindre petit coin aménagé pour la circonstance, ni du plus petit café maure qui soit… On comprend le fait que l’idée de doter les lieux d’un point de chute des locaux n’ait pas traversé les esprits des responsables locaux, mais par contre, on s’étonne comment un tel investissement n’a pas été inclu parmi les projets réalisés par les commerçants.

Cette année 2010, plus que les autres, l’envie de prendre de l’air en compagnie de voisins, et de proches se fait ressentir en été, précisément du 21 juin au 21 juillet, le mois entier qui sera consacré à la Coupe du monde. Pourvu que cette fin de semestre 2010 ne ressemble pas à celle de l’an passé, marquée comme on le sait par de fortes canicules où personne à Lakrarib n’a osé mettre le pied dehors, en voyant des climatiseurs stopper leur alimentation sous une température de 52%. Une contrainte qui a fait des habitués des personnes immobilisées, tels ces oiseaux qu’on prive de la nature en les condamnant dans un lieu fermé.

A. Cherif