Les enseignants ont repris les cours hier

Après deux semaines de grève des enseignants, la plupart des cours reprennent en Algérie dans le primaire et les collèges. Pour les lycées, la situation est plus compliquée. Effectivement, les enseignants grévistes ont répondu favorablement à l’appel de leur organisation syndicale, de geler leur mouvement de contestation. En grève depuis le 24 février dernier, l’union nationale des professeurs de l’éducation et de la formation (Unpef) a finalement abdiqué en mettant fin à son mouvement de protestation suite à la décision de justice ordonnant l’arrêt de la grève. L’Unpef a insisté sur le fait que la décision de suspension de la grève « n’a pas été prise conformément à la décision de justice, et non pas par crainte d’être sanctionnés ». Selon ce syndicat « ce n’est qu’une trêve temporaire, puisque nous comptons continuer à lutter jusqu’à satisfaction totale de nos revendications ». Quant au conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), il décidera aujourd’hui de la poursuite ou du gel de son action, en marge de son conseil national. « 95% des lycées sont paralysés à l’échelle nationale », a indiqué le chargé de communication du Cnapest, Messaoud Boudiba. Celui-ci fera savoir, que les enseignants refusent de daigner rejoindre leurs postes de travail devant les menaces du ministre de tutelle. Pis encore, ces enseignants menacent de démissionner collectivement. « Des mises en demeure ont été transmises à quelques enseignants de certaines wilayas, qui ont refusé de recevoir », a-t-il lancé. Il par la suite rappelé que, « remplacer ou de radier un gréviste est anticonstitutionnel et que la grève n’est en aucun cas une rupture de la relation de travail ». Ce syndicat a, à cet effet, dénoncé avec force  » les méthodes d’une autre ère que continue d’appliquer le gouvernement en réponse à cette grève, à savoir : le recours systématique à la justice pour statuer sur un droit, pourtant garanti par la constitution, la désinformation et la manipulation de l’opinion publique par des annonces de fausses augmentations de salaires, ainsi que les intimidations et les menaces de radiations ». 92% des enseignants ont reprit leurs postes, selon Benbouzid De son côté, le ministre de l’Education nationale a affirmé que 92% des enseignants ont reprit leurs postes de travail. S’agissant, en outre, du rattrapage des cours, le premier responsable du secteur dira que « les vacances du printemps et les samedi seront consacrés pour rattraper ce retard accumulé par ces mouvements de grève répétés ». S’exprimant lors d’une rencontre tenue avec la fédération nationale des parents d’élèves, M. Benbouzid a tenu à rassurer les élèves et leurs parents : « l’année scolaire 2009-2010 ne sera pas une année blanche ». Il a dans ce sens, indiqué qu’une réunion aura lieu le 25 mai prochain pour arrêter la date de l’arrêt des cours. Lors de notre virée hier dans la capitale, nous avons constaté l’arrêt de la grève dans les écoles primaires et les CEM, à l’image de l’école primaire et CEM Aissat-Idir, sis au 1er-mai. Même constat au CEM les cinq innocents de Sidi M’hamed. Par contre la grève a été normalement suivie au lycée El-Idrissi, et Mohamed Racem, à Alger, où les élèves ont été contraints de rebrousser le chemin.

Il faut dire que le problème de rattrapage des cours se pose sérieusement après deux semaines de grève. Ajouté à cela, le retard accumulé par les trois semaines de grève enclenchées en novembre dernier, qui ne sont toujours pas rattrapés. De ce fait, comment les enseignants et la tutelle comptent-ils rattraper un retard considérable de près de deux mois ?

Lemya Ouchenir