C’est l’occasion idéale de dresser le bilan des progrès accomplis en vue de promouvoir l’égalité des femmes. C’est aussi l’occasion d’identifier les difficultés que les femmes doivent surmonter dans la société et de se pencher sur les moyens à prendre pour améliorer la condition féminine. Chez nous, et par ricochet dans les pays du Maghreb, les femmes sont arrivées, en dépit des dogmes inhibiteurs, à se faire une place dans la société. Parmi elles, la judokate Soraya Haddad, cette petite femme frêle aux ambitions loin d’être démesurées est arrivée à se faire une belle place au soleil. C’est en 1996 que Soraya Haddad a commencé l’apprentissage des rudiments du judo en signant sa première licence avec la JS El-Kseur le club de sa ville natale.
Elle est alors entraînée par Benouaret. En 2000, elle rejoint l’USM El-Kseur, dirigée par l’ex-entraîneur de la sélection nationale féminine, Mohamed Bouhadou, lequel a assuré la formation technique et physique de Soraya pour la préparer à la victoire de Pékin. Son palmarès est là pour venir apporter les preuves de son abnégation. Évoluant en moins de 48 kg, la catégorie des poids super-légers, Soraya Haddad enlève une médaille de bronze aux championnats d’Afrique seniors quelques temps après une participation sans succès aux championnats du monde juniors. En 2003, elle participe pour la première fois aux championnats du monde organisés à Osaka (Japon). La jeune judokate passe deux tours avant de se faire battre par la future médaillée d’argent, Frédérique Jossinet. Deuxième du tournoi de coupe du monde de Hambourg en 2004, elle participe aux Jeux olympiques d’été de 2004 mais se fait éliminer par la championne olympique en titre, la Japonaise Ryoko Tani. Repêchée grâce à cette dernière, elle est définitivement écartée de la course au podium après une seconde défaite. En 2005, Soraya Haddad s’illustre au niveau international en remportant la médaille d’or aux championnats d’Afrique, aux Jeux méditerranéens disputés à Almeria et une première médaille mondiale lors des championnats du monde 2005 organisés en Égypte. Passée dans la catégorie de poids supérieure, les moins de 52 kg, la judokate algérienne décide d’arrêter sa carrière sportive de haut niveau fin 2006. Elle explique alors ce choix par l’impossibilité de mener de front sa carrière sportive et ses études. La sportive exprime cette amertume en adressant une lettre ouverte au ministre des Sports de l’époque, une lettre où elle souligne l’absence de moyens financiers. Après avoir été reçue par le ministre, elle revient sur sa décision quelques semaines plus tard. En 2008, la judokate se qualifie pour de seconds Jeux olympiques au profit notamment d’une nouvelle consécration continentale. Aux Jeux olympiques de Pékin, Soraya Haddad remporte la première médaille de la délégation algérienne en terminant troisième en moins de 48 kg. C’est également la première médaille olympique remportée en judo par un sportif algérien. Après avoir remporté trois victoires, Haddad se fait sortir en finale de tableau par la Chinoise Xian Dongmei, championne olympique en titre. Elle est cependant repêchée pour disputer le combat pour la médaille de bronze, combat qu’elle remporte contre la Kazakhe Sholpan Kaliyeva. Aujourd’hui, entre ses études, la compétition et ses projets de porter haut les couleurs nationales, Soraya Haddad reste cette jeune femme qui croit plus que jamais que seul le travail paye.
D’El Kseur à Düsseldorf : l’or au bout du parcours
Soraya Haddad a remporté la médaille d’or des -52 kg au tournoi international de judo de Düsseldorf (Allemagne) disputé les 20 et 21 février derniers. La deuxième représentante algérienne dans la catégorie (-52 kg), Meriem Moussa s’est classée 5e, alors que Kahina Saïdi (-63kg) a été éliminée au premier tour par l’Allemande Alexandra Sebald. Cette distinction, venue au moment ou des critiques ont été formulées à son endroit confirment ainsi la volonté de cette athlète de confirmer qu’à force de travailler, le resultat vient couronner les efforts. Aujourd’hui, entre ses études, la compétition et ses projets de porter haut les couleurs nationales, Soraya Haddad reste cette jeune femme qui croit plus que jamais que seul le travail paye.
Ferhat Zafane
