Tibane / La polyclinique, ses pétales et ses épines !

Depuis un petit mois, la polyclinique de Tibane exhibe un nouveau visage, franchement accueillant avec un décor indéniablement reluisant. Financés par la Direction de la santé et de la population à hauteur de quatre millions de dinars, les travaux entamés depuis octobre 2009 ont visé la rénovation de l’établissement de fond en comble. L’étanchéité du toit, la boiserie et la vitrerie, le rétablissement de l’eau courante avec une bâche à eau et une chaufferie, une dalle de sol, la remise en état de la peinture de tous les murs et plafonds, le renouvellement du réseau électrique pour qu’il soit adapté aux exigences modernes et pouvoir être en mesure de servir les nouveaux appareils. Même la climatisation est venue enrichir le bel cadre de travail au sein de la polyclinique.

Plusieurs services en sont disponibles qu’assurent respectivement un médecin généraliste, un dentiste, un infirmier et une sage-femme dont la mission se limite uniquement à la protection maternelle et infantile. Ces atouts apaisent la douleur de plus en plus de citoyens qui se rendent sur les lieux tant sa réputation gagne de nouveaux adeptes.

Cependant, à cette image apaisante et reluisante, la médaille ne manque pas de présenter un revers où viennent se greffer de brillantes insuffisances de premières nécessité. En fait, la polyclinique est dépourvue d’une ambulance, d’un service de radiologie conventionnelle. En outre, un seul infirmier ne peut subvenir aux besoins de tant de population (patients) pour une charge du travail nécessitant deux autres infirmiers. Plus loin, on relève, comme un cheveu sur la soupe, l’existence d’un bloc laissé entièrement à l’abandon, crasseux et vétuste, qui est censé être la maternité. Un bloc, nous précise-t-on, où il n’y a ni matériel, ni sages-femmes. Et pour donner naissance, les femmes enceintes de Tibane s’en vont encore vers Chemini (5 kms) ou vers Sidi-Aïch (10 kms). Ces insuffisances criardes (et la liste n’est pas exhaustive) écornent l’image d’une polyclinique digne de ce nom, dont le service s’achève hélas à 15 heures et demi, le week-end, lui, est un no man’s land ! Et comme ceci explique sans doute cela, l’établissement n’assure, en fait, que le minimum syndical !

T. D.