Rachid Benaïssa vise à développer la collecte du lait cru

“Des discussions sont en cours entre les professionnels de la filière lait pour proposer une démarche en mesure de répondre à l’objectif visant à passer d’une importation massive de la poudre de lait vers le développement de la collecte de lait cru. ”

C’est du moins ce qu’a indiqué jeudi dernier, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa. S’exprimant à l’issue d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée aux questions orales, M. Rachid Benaïssa a fait savoir que “les différents acteurs de la filière lait sont en négociation pour arrêter un des mécanismes en vue de diminuer l’importation de la poudre de lait et augmenter le taux d’intégration du lait cru dans la production”.

D’après lui, les professionnels du secteur sont, à cet effet, appelés à faire une proposition à l’Office national interprofessionnels du lait (Onil), qui la transmettra par la suite au ministère. Dans le même sillage, le premier responsable du secteur dira que “les dispositifs qui seront mis en place par le gouvernement pour atteindre l’objectif escompté sont discutés actuellement entre les différents opérateurs pour que chaque acteur trouve son compte”. “Il s’agit notamment de trouver le meilleur moyen pour, d’un côté assurer le marché de manière régulière et d’un autre côté augmenter l’intégration du lait cru dans la production et diminuer ainsi l’importation de poudre de lait», a-t-il expliqué. Pour ce faire, plusieurs mesures financières et matérielles incitatives, ont été mises en place par les pouvoirs publics. Il convient de souligner que l’Etat veut, en effet, passer d’un taux d’intégration du lait cru de 18% en 2009 représentant une production de 400 millions de litres, à un taux de 35% en 2010, soit une production de 550 millions de litres. Rappelons toutefois, qu’en 2009, l’intégration du lait cru dans le processus de transformation au niveau des laiteries était parmi les principaux facteurs ayant permis à l’Algérie de diminuer ses importations de 40 000 tonnes de poudre de lait, soit un gain de près de 100 millions de dollars. M. Benaïssa a affirmé dans ce sens, qu’en 2009, près de 14 000 vaches laitières ont été importées par des privés et plus de 12 700 vaches ont été importées au cours du premier semestre 2010. A noter que les importations de la poudre de lait effectuées par l’Onil ont baissé de 25 000 tonnes entre 2008 et 2009 passant de 145 000 tonnes à 120 000 tonnes. La facture globale du lait et produits laitiers s’est établie à 862,76 millions de dollars en 2009, contre 1,28 milliard de dollars en 2008, soit une baisse de 32,9%.

Lemya Ouchenir