Sidi Aïch : La ville à l’heure de Pretoria

Attendu depuis de longs mois avec impatience, on est à présent qu’à quelques heures, du dernier match qualificatif qui opposera à Pretoria, les Verts aux Etats-Unis, dans le cadre du plus grand rendez-vous planétaire, qui est le mondial, hôte cette fois-ci, du continent noir berceau de l’humanité. L’Afrique du Sud, pays de l’homme symbole « Nelson Mandela ».

Depuis des jours déjà pour ne pas dire des mois, la ville des quatre ponts arbore les couleurs des Verts et le quotidien de ses habitants se résume à d’interminables discussions, supputations et pronostiques, quant au résultat de cette première confrontation et des chances des Verts à franchir l’écueil des Etats-Unis, pour ensuite, s’adjuger la qualification au 2e tour.

Pour prendre la température des lieux, un petit tour du coté de l’axe central de la ville, en occurrence le boulevard du 1er Novembre, ou des étals sont dressés pour la circonstance et sur lesquels, ou peut trouver et acheter une multitude d’articles et produits dérivés de la campagne sud-africaine des Verts, allant du drapeau algérien à des maillots en passant par des sacs, casquettes et plein d’autres belles choses encore. Tout cela au grand bonheur des inconditionnels de l’EN même si certaines mauvaises langues disent que les prix sont un peu excessifs. Même topo sur les deux cotés du pont qui enjambe les deux rives de la Soummam.

Au quartier des lycées « la Mission », et malgré la place qu’occupent les examens de fin d’année, qui se déroulent ces jours-ci, notamment le bac; les discussions dans les cafés, pizzerias et entre bandes de jeunes agglutinés devant le lycée de jeunes filles ou du technicum, histoire de se rincer l’œil, ne tournent qu’autour de ce rendez-vous footballistique, qui est pour eux plus qu’un symbole, un rêve à vivre.

Peut-on dire le contraire quand on sait qu’il faut au préalable être de l’ancienne génération, celle des années soixante-dix, pour être en possession du privilège d’avoir en tête, les souvenirs des moments magiques et temps mémorables de « Guadalajara » en 86 et de l’exploit d’El Molino stadium de « Gijón » en 82, quand Assad, Beloumi, Fergani et Madjer, on dispensé une vraie leçon de maîtrise de la balle ronde aux coéquipiers de « Karl-Heinz Rummenigge ». Nos amis « Mustapha Lamaouche » enseignant de langue française et habitant du vieux quartier des Docs et « Nourdine Tidadini », un fervent admirateur des fennecs, ne jurent que par un grand exploit des Verts, leur ami « Brahim Houacine » est entièrement d’accord avec eux, vu les grandes qualités techniques et l’esprit combatif des compagnons de « Yebda ».

A signaler au passage, que les magasins de matériel audiovisuel ont aussi fait de bonnes affaires en terme de vente de téléviseurs, demos, cartes d’abonnement aux bouquets satellitaires et des décodeurs qui ouvrent grandes les portes des grandes chaînes sportives qui transmettront sans doute la totalité des rencontres de ce rendez-vous planétaire.

A présent que les Verts ont mis pied à terre au pays des Bafana Bafana, tous les rêves sont permis. Les jeunes Sidi Aïchois croient dur comme fer, que si hier, Madjer a mis à genoux « Paul Breitner et Pierre Littbarski », Ziani est lui aussi, en mesure de faire perdre le nord à Beadley et Landon Donovan.

En attendant que le rêve devienne réalité la fièvre s’empare de la ville.

Arezki Toufouti