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Le retour en force des tambourins

Les sept troupes de tambourins existant dans la daira d’Ighil Ali dont cinq au seul village Tabouanant, n’arrivent plus à satisfaire la demande qui dépasse de beaucoup leur capacité estivale. Pour s’assurer leur service, il faudrait les réserver à l’avance en leur versant les arrhes.Cet engouement des populations pour les tambourins peut s’expliquer par leur attachement aux traditions et à leurs valeurs culturelles. La présence de ces musiciens donne un cachet traditionnel à la fête. En outre, avec ce type d’animation, c’est plus pratique : ça ne requiert ni sonorisation, ni d’autres moyens. En revanche avec les DJ (disc-Jockey) et chanteurs, il suffit d’une coupure électrique (et ce n’est pas ce qui manque chez nous !) pour que la soirée soit annulée !Pour rappel, vers fin des années 80 jusqu’au début des années 90, les tambourins ont quasiment disparu pour être remplacés par les chanteurs. Pendant cette période-là, les jeunes chanteurs amateurs pullulaient dans les villages et n’attendaient que l’occasion pour se produire même gratuitement. Ceux qui ne pouvaient donc pas se permettre d’inviter des chanteurs connus de la scène artistique kabyle, il leur suffisait de louer une sono, ces jeunes chanteurs acceptent volontiers de se produire. Ensuite, à un moment donné, la plupart de ces chanteurs se sont éclipsés comme par enchantement. Les troupes de tambourins ont refait surface ces dernières années en grand nombre.Ceci dit, les artistes ne sont pas complètement écartés de l’animation des mariages.Pendant cette période estivale, nombre de chanteurs ont animé des fêtes dans la région, à l’image de Chérif Hamani, Aldjia, Massi, Brahim Tayeb, Zahir Abedjaoui, et bien d’autres chanteurs kabyles. Mais, “Idebbalen” sont toujours là, impossible de s’en passer, ne serait-ce que pour animer le cortège qui ramène la mariée.Signalons que la région a connu bon nombre de mariages durant la période estivale en cours. Pratiquement, il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait au moins un mariage, les klaxons, la musique des DJ, les tambourins, etc… Toutefois, la crise économique continue toujours d’obliger de nombreux jeunes hommes à demeurer célibataires. Les mariages sont nombreux, les célibataires aussi !

Karim Kherbouche

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