Spéculations sur le marché du ciment à Béjaïa. Quelque 500 promoteurs et investisseurs et plus de 2 500 autoconstructeurs de ladite wilaya souffrent actuellement le martyre pour s’approvisionner en ciment gris à partir de l’ERCE et ce, au moment où le marché parallèle se trouve inondé de ce matériau de construction essentiel et à double prix.
Révélation faite par le député indépendant à l’APN, en l’occurrence Belkacem Meziane, qui vient de saisir le Premier ministre de cette crise aiguë du ciment que vit la wilaya de Béjaïa dont la cause reste “mystérieuse’’, selon le parlementaire, qualifiant aussi la situation “d’incompréhensible et de préjudiciable au développement local”.
L’auteur de la missive s’interroge d’où vient cette pénurie, alors que les capacités de production du ciment sont jugées considérables si l’on prend en compte les 5 500 t/J fabriquées par la cimenterie de Aïn Kebira ainsi que les 1 500 tonnes réceptionnées quotidiennement par le port de Béjaïa. Outre la rareté de ce produit de construction de première nécessité au niveau du point de vente de l’entreprise ERCE de la wilaya, le député de Béjaïa évoque une certaine bureaucratie vécue par des entreprises en difficultés afin de s’approvisionner en ciment. “L’approvisionnement à partir du port de Béjaïa ou de la cimenterie de Ain Kebira pour certaines entreprises, n’est possible qu’après accord préalable et conditionné de la direction de l’ERCE à Sétif alors que cette entreprise (ERCE) est bel et bien installée à Béjaïa à travers un point de vente.” Cette gymnastique inutile, qui s’impose aux entreprises, n’a fait qu’engendrer des coûts et du temps supplémentaires pour les différents projets, note l’élu APN, sans manquer de souligner à cet effet, que toutes les démarches de médiation accomplies par ses soins auprès des intervenants sont restées vaines.
Dans ce même constat fait au Premier ministre, il a fait remarquer que “depuis plusieurs mois, les demandeurs n’ont reçu aucun sac de ciment ou très peu, par rapport à leur besoin malgré leurs payements et les modalités administratives accomplies pour pousser des autoconstructeurs et entreprises de réalisation tenues par des délais à se rabattre alors et à des coûts doublés sur le marché parallèle curieusement et régulièrement approvisionné”. Un état de fait à double conséquence puisque au-delà d’un marché noir du ciment florissant qui se nourrit gracieusement de ces “dysfonctionnements insensés», les rythmes et les coûts de réalisation dans la wilaya de Béjaïa sont entravés par cette crise aiguë du ciment à vrai dire scandaleuse. Pour finir sa requête, le député trouve qu’il est d’une extrême urgence, de mener une enquête auprès de l’ERCE de Sétif et de Béjaïa “afin de prendre les décisions qui s’imposent”.
Nadir Touati
