La Dépêche de Kabylie

Chemini : "Pourquoi l'eau n'arrive toujours pas ?"

Rarement un village ancré en pleine montagne, entouré de plusieurs sources d’eau de surcroît, n’aura été sevré de ce liquide vital durant une si longue période, comme c’est le cas de Sidi Hadj Hassiène où vivent un millier d’habitants.

Jadis, à l’instar de tous les villages de Kabylie, les habitants de Sidi Hadj Hassiène puisaient l’eau de la source de Medgouga, qui à dos de mulet, qui avec un tuyau, qui avec jerricans et cruches. Une besogne qui a duré pendant des siècles. Ces dernières décennies, un réseau de distribution d’eau a été laborieusement réalisé par la volonté des citoyens, lequel traverse l’artère principale du village jusqu’à la Zaouia.

Cependant, ce réseau n’a pas fait que des heureux ; le faible débit, nous indique-t-on, et la mauvaise répartition vers les foyers, ont laissé plusieurs ménages dans une terrible soif. « Ceux qui habitent les quartiers situés en contrebas de l’artère principale sont des privilégiés naturels mais ceux qui habitent plus haut, sont lésés à juste titre, et ont recours à l’implantation de robinets à même la chaussée » dira en substance un responsable du comité de village, courroucé par la lamentable situation qu’endure les siens. Et, les nouvelles habitations sises à Agouni et Tagounits n Salah vivent le martyr depuis des lustres :  » aucun foyer n’est branché » ajoute notre interlocuteur, péremptoire.

Muni d’un échantillon de missives adressées au P/APC, au Chef de la daïra et au wali de Bgayet, pour plaider la cause principale du village, le même responsable avoue vivre un parcours du combattant dont les obstacles naissent quotidiennement.

 » Depuis 2007, nous sommes alléchés par un projet d’APE dont devrait bénéficier les villages Semaoune et Sidi Hadj Hassiène. Mais, notre attente n’a que trop duré. En 2010, Le nouveau réseau n’a pas encore atteint nos foyers ». Notre interlocuteur s’explique : « Ce projet doté d’une enveloppe de 1. 145. 000. 000 DA est censé servir tous les foyers.

Les premiers appels d’offres lancés par l’APC se sont avérés infructueux ; un entrepreneur s’est même désisté à la dernière minute tant on lui refusait le payement d’une plus-value qu’il réclamait”. Le projet a donc achoppé ! D’autres appels d’offres ont été lancés, mais le montant de l’enveloppe est de plus en plus méprisé.

Ainsi est née l’idée de faire recours à la régie communale pour la réalisation du projet, finalement cette option est refusée par l’Assemblée communale par 5 voix contre 4. Le motif avancé est  » l’incompétence technique « . Vers la fin 2009, une entreprise a été trouvée, mais les travaux avancent au rythme de la tortue. Voyez-vous, c’est déjà l’été et nos concitoyens sont angoissés, la gestion des travaux manque de transparence. Les lenteurs nous écœurent, et malheureusement, nous sommes les éternelles victimes. Ceci dit, à Semaoune, c’est le même son de cloche qui prévaut ; l’eau n’arrive pas ! Pour notre village, le tuyau de distribution gisait à Tizza depuis la mois de janvier, cinq mois plus tard, grâce aux pressions faites à l’APC, les travaux ont enfin repris… Mais, à la vérité on est dégoûtés !  »

Les habitants du village partagent le même sentiment où l’embarras le dispute à l’incompréhension.  » Pourquoi l’eau n’arrive-t-elle pas à Semaoune et Sidi Hadj Hassiène ?  » se demande une femme harassée par d’incessants va et vient à la fontaine Medgouga avant d’ajouter : « La mascarade et la soif continuent ! « 

T. D.

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