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Mustapha Bouteflika n’est plus / Adieu l’ami

Par Idir Ben Younes

Un homme simple, affable et discret, Mustapha Bouteflika a traversé la vie avec une honnêteté et une humilité rarement égalées. La constance de ses valeurs chez l’homme a forcé le respect de tous et a contribué à renforcer l’amitié de ceux qui l’on choisi. Au début de la décennie sanglante du terrorisme, inaugurée par l’ignoble assassinat de Tahar Djaout, les démocrates s’étaient déplacés en nombre à l’hôpital de Baïnem où Tahar vivait son dernier combat contre la mort. Un médecin en blouse blanche immaculée, faisait le tour des présents et tentait de rassurer les plus inquiets, consoler les plus abattues d’entre nous ; lui qui semblait autant sonné triste et révolté c’était le docteur Mustapha Bouteflika. Depuis cette époque, je l’ai toujours considéré comme l’un des nôtres : un Algérien démocrate, patriote et par dessus tout humain et solidaire. Dix années plus tard, je retrouvai dans une Algérie plus apaisée et plus sereine, Mustapha, frère du président de la République. Ce statut et je m’en suis vite rendu compte n’a rien changé en l’homme. Cette vaine attitude faisait qu’on ne se lassait jamais d’écouter Mustapha et que même s’il exprimait ses idées contraires aux nôtres, son discours ne fermait jamais les portes à un dialogue futur. Durant les visites présidentielles, à l’intérieur du pays ou à l’étranger, Mustapha Bouteflika s’est contenté d’assumer son rôle de médecins accompagnateur du président de la République. En ce sens qu’il avait un sens aigu et omniprésent du respect des règles protocolaires. J’ai aimé cette facette du docteur Bouteflika. La deuxième facette, qui m’a marqué c’est celle du père. Mustapha suivait de près la scolarité de sa fille et il n’hésitait nullement à appeler pour un renseignement sur un cours ou un devoir, nos filles respectives étant scolarisées dans la même école. Je garderai une image de simplicité d’humilité et de sagesse de cet homme que j’ai eu l’honneur de connaître.

Je garderai le souvenir d’un vrai démocrate -il est ouvert au débat- et d’un patriote convaincu et impénitent.

Adieu docteur

Adieu Mustapha

Adieu mon ami.

I. Ben

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