Après un petit surf sur la Toile, nous relevons que le Festival de Tikjda intéresse beaucoup de monde. Mais cet intérêt n’est essentiellement suscité que part des besoins impulsifs à casser. Bien tapis derrière leurs micros et leur anonymat, ces révolutionnaires électroniques s’improvisent reporters et rapportent entre autres : “Je (le “je” est bien entendu électronique, ndlr) ne comprends pourquoi certains journaleux veulent faire passer le festival de Tikjda pour une réussite, alors qu’il s’agit d’un flop !” L’internaute, qui vraisemblablement se la coulait douce quelque part en Occident, pendant que le terrorisme détruisait tout ce qui respirait la vie en Algérie, ne peut certainement pas comprendre. D’autres internautes se découvrent une âme écologiste et nous la joue à la Hulot pour nous expliquer que Tikjda est en danger parce que…un festival y est organisé. D’autres encore, mus par de mystérieuses considérations, suggèrent, après un exercice arithmétique et non moins virtuel, que le festival a été boudé par le public. Il est bien entendu que des leçons seront tirées de cette première édition, s’agissant notamment de la périodicité des horaires et du transport. En été l’idéal serait que la fête soit retenue à partir de 20 heures. Mais cela est-il possible, dans l’immédiat ? Mais, au-delà de toute considération arithmétique et formelle, force est souligner en gras, que la fête organisée à Tikjda, trois jours durant, a cassé la peur et a réinventé la vie, parmi une population traumatisée une décennie durant. A lui tout seul, ce renversement de situation est une grande, très grande réussite. A souligner aussi que ce festival n’a pas, en terme de finances, les moyens du festival de Timgad ou celui de BBA. Il ne s’est tenu en fait que grâce à l’apport (presque symbolique de l’APW) et à l’entêtement du wali. Il est donc demandé au ministère de la Culture de mettre la main à la poche et d’aller plus loin, au-delà de la dimension nationale. Ce terrain doit être occupé par l’instinct de la vie, sinon…
S. O. A.
