Lorsqu’on aborde les prix prohibitifs en cours dans le domaine des matériaux de construction, on oublie souvent de citer la toiture, sans laquelle une habitation ne peut être déclarée terminée. La bourse des auto constructeurs, déjà mise à mal par la brique, le ciment et le fer doit alors faire face aux tuiles et aux madriers, une autre « aventure financière ». Même si pour des raisons évidentes de coûts, les postulants au logement individuel recouvrent leurs maisons par des dalles en béton, d’autres, ayant le souci de l’esthétique, optent pour la toiture classique en tuiles dont les avantages sont multiples. Hormis cette question d’apparat, le toit rouge a aussi l’avantage d’être étanche et isolant thermique. Or, force est de reconnaître qu’une couverture en tuiles, devient de plus en plus chère. La tuile d’importation est revendue à cent trente dinars (130 DA) l’unité. Ce qui représente une fortune. Bien que moins chère mais de moindre qualité la tuile produite localement, est cédée en « deuxième main » entre soixante cinq (65) et soixante dix (70) dinars. Il semblerait que la tension sur les unités de production est telle qu’il faut plusieurs mois pour avoir le droit à une programmation. Quant à la tuile de récupération, issue de vieilles demeures détruites, elle ne descend pas à moins de quarante cinq dinars l’unité. Le bois de charpente, quant à lui est devenu un luxe accessible au prix de mille sacrifices, le mètre linéaire de madrier se négociant à 480 dinars. Dire que pour débloquer la troisième tranche de l’aide à l’habitat rural, on exige que les bénéficiaires posent une toiture du genre. Avec le prix de la main-d’œuvre et des matériaux de construction, rêver d’une maison individuelle devient une chimère.
A.O.T.
