4e Salon du bijou N’Ath Yenni : Un symbole en déclin

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En partenariat avec l’APC, le collectif des artisans de Ath Yenni dans la wilaya de Tizi-Ouzou, organise le 4e Salon du bijou qui a débuté depuis hier, vendredi et s’étalera jusqu’au 24 juillet courant. Il est à rappeler que ce 4e salon se tient au CEM Larbi-Mezani dans le chef-lieu communal.

Signalons au passage qu’une cinquantaine d’exposants bijoutiers participent en plus des artisans locaux spécialisés dans différents métiers, à savoir la poterie, le tapis, la robe kabyle et d’autres articles souvenirs du sud du pays.

Une exposition-vente se tiendra tout au long de la semaine que prendra ce 4e salon.

Les clients et les touristes auront l’embarras du choix puisque des œuvres anciennes et récentes seront disponibles. Des pièces artisanales d’une rare beauté et des chefs d’œuvres artistiques où sont mélangées différentes couleurs et différentes formes géométriques dans un ordre parfait, faisant ressortir, le génie, le savoir-faire et le goût sublime des vaillants artisans des Ath Yenni. Bien entendu, le bijou des Ath Yenni est fait totalement à la main, ce qui lui donne un cachet artisanal pur et une dimension artistique supérieure, ce qui lui vaut une réputation méritée, qui n’a rien à voir, avec les bijoux venus d’autres horizons et qui sont fabriqués par des machines. Evidemment, la comparaison entre ces deux modèles n’a aucune raison d’être. Les artisans d’Ath Yenni voudront bien nous excuser, car leurs œuvres n’ont pas leurs semblables à travers toute la planète.

Qui a-t-il de plus beau et de plus angélique qu’une femme kabyle vetue d’une robe traditionnelle bien de chez-nous et ornée de bijoux en argent fabriqués par les fines mains d’U Hedad n’Ath Yenni ?

Le bijou d’Ath Yenni : un élément de notre identité

Le burnous kabyle, la robe kabyle, le tapis d’Ath Hichem, la poterie de Maâtkas et le bijou d’Ath Yenni pour ne citer que ceux-là constituent indéniablement des éléments de notre patrimoine culturel et identitaire.

Ces arts séculaires venus des profondeurs de notre civilisation. Qu’est-ce qu’un Kabyle sans son burnous blanc ? Qu’est-ce qu’une femme kabyle sans sa robe et ses bijoux ? Qu’est-ce qu’une maison kabyle sans le tapis et la poterie ?

Sans ces éléments l’homme, la femme et la maison kabyle seront semblables aux millions d’hommes, de femmes et de maisons comme il en existe à travers la planète entière. C’est pourquoi toutes les parties sont appelées à redoubler d’efforts et de vigilance pour la sauvegarde des éléments qui composent notre identité.

Nous ne voulons guère insinuer que nous devons nous recroqueviller dans notre coquille.

Là n’est pas notre intention, s’ouvrir sur le monde et les nouvelles commodités qu’offre la technologie est vivement souhaité mais ne le faisant pas au détriment de ce que nous possédons. Gardons nos repères car l’on ne peut jamais entrevoir l’avenir sans avoir l’œil sur le rétroviseur de l’histoire. Le bijou des Ath Yenni devra être préservé pour les générations futures.

Les pouvoirs publics, les artisans et le simple citoyen devront prendre conscience de l’importance de l’enjeu. Le bijou, le tapis, et la poterie peuvent apporter un plus non négligeable à l’économie de la Kabylie. Il suffit juste de mettre les moyens et les mécanismes efficients. Il n’y pas longtemps, les Ath Yenni vivaient de la fabrication des bijoux. Durant les années 1970, Ath Yenni comptait au moins 400 artisans et tous arrivaient aisément à écouler leurs pièces dans le marché et ils vivaient du fruit de leur labeur. C’était richesse caractéristique de la région.

Aujourd’hui, le nombre d’artisans est dangereusement réduit. L’on dénombre uniquement 29.

La cherté de la matière, les impôts et les contraintes administratives et bureaucratiques ont contraint des centaines d’artisans à mettre la clé sous le paillasson et à devenir ouvrier, maçon et fonctionnaire.

La corporation est en proie à une multitude de difficultés ce qui menace sérieusement l’avenir de cette filière qui a pourtant traversé les affres de la vie des siècles durant.

Il est urgent d’apporter des correctifs et remédier pour pérenniser cet art ancestral cher aux Kabyles.

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