Le 1er Festival de la poterie de Maâtkas / L’ambiance en l’espace d’une petite semaine…

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En dépit de l’absence de plusieurs associations culturelles activant dans la région de Maâtkas, le 1er Festival de la poterie s’est tenu dans une ambiance plutôt bon enfant. Les organisateurs et les membres du commissariat ont réussi le pari de tenir ce grand événement sans grandes bavures. Ils ont surtout réussi à rompre avec la routine et la monotonie qui caractérisent la localité en pareille saison. Les visiteurs et les milliers de curieux en ont eu pour leur déplacement. De Tizi Lilane à Agouni Bouffal en passant par Souk El Khemis et Souk El Tenine, la poterie est devenue l’objet de discussion en l’espace d’une semaine complète tout au moins. Le point le plus fort est sans doute le jour de l’ouverture, une ouverture qui s’est faite en grande pompe et au son de la troupe musicale traditionnelle “Idhabalen”. La venue de M. Smaïl Mimoun, ministre de Tourisme et de l’Artisanat accompagné d’une forte délégation qui a ouvert le bal et qui a minutieusement visité tous les stands est semble-t-il, une satisfaction pour les organisateurs. Car depuis les événements de 1988, rares sont les hauts responsables qui ont foulé le sol de Maâtkas.

La région était considérée comme une zone à risque d’où l’éclipse et la désertion des plus hautes autorités. La visite du ministre du Tourisme et de l’Artisanat a été bien accueillie par les citoyens de la localité qui espèrent légitimement redorer le blason de leur localité et d’en faire une zone de tourisme comme s’était le cas pendant les années 1970.

L’ambiance dans les villages

Hormis les deux villages hôtes du festival à savoir Ikharvane et Agouni Bouffal, les autres nombreux villages sont restés loin de l’événement comme si cela ne les concerne pas. Les villageois ont continué à s’occuper de leurs affaires et de poursuivre leur train-train habituel, fait de misère sociale et de différentes privations compliquées par la canicule.

Un habitant du village d’Aït Assi Ouziane nous indiquera : “Pendant les premières éditions de la fête de la poterie, l’ambiance était bien meilleure et presque toutes les familles y participaient et venaient visiter les stands. A présent, la donne est autre, les policitiens ont tout bradé et les citoyens ont d’autres chats à fouetter. Le manque d’eau, les coupures du courant électrique, la cherté la rareté le chômage ont fini par avoir raison du citoyen du commun des mortels”. Un autre citoyen du chef-lieu enchaînera dans le même ordre d’idée : “Après 12 éditions et un festival de la poterie, aucune trace n’est restée. Une semaine de tintamarre et puis plus rien. A Maâtkas, il n’y a pas de musée, il n’y a pas de maison de l’artisanat et il n’y a aucun marché de la poterie. Les potières ont pour la plupart mis la clé sous le paillasson. Si rien n’est fait dans ce sens, il n’y aura plus de poterie à Maâtkas dans quelques années”.

Le site principal

Forte présence des artisans

Le CEM Ounar, le site principal abritant le Festival a connu faut-il le signaler une affluence moyenne pendant surtout les premières et les dernières heures de chaque journée. La chaleur et la canicule ont eu le dessus sur les visiteurs en milieu de journée. Les exposants potiers, les ateliers de poterie, de peinture et de robes kabyles sont pris d’assaut. Il faut signaler que l’atelier des enfants potiers dirigé par Melle Mesbahi et Melle Amari a retenu l’attention du grand public. Ces jeunes enfants qui s’initient au travail de l’argile et qui ont réussi à fabriquer plein d’objets de poterie en l’espace d’une semaine, des objets merveilleusement façonnés et décorés dont les potières les plus agées notamment Na Ouardia, ont assuré la cuisson en plein air grâce au “Oughoudh” mis en place dans la cour du CEM, constitue une belle prouesse. M. Metmati a aussi attiré la foule par son adorable et sublime collection de tableaux de calligraphie berbère. Du grand art au grand jour les visiteurs se sont sans doute émerveillés par la richesse de l’art berbère et du savoir-faire de l’homme et de la femme kabyle. Il faut également signaler que l’activité scientifique n’est pas oubliée et quatre conférences ont été organisées à propos du patrimoine matériel et immatériel, sa préservation, sa promotion et sa rentabilisation.

T. Hocine

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