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M’chedallah / Raffour : Chute de tension et lignes menaçantes

Le quartier du centre du gros faubourg de Raffour, dénommé localement “l’étoile», accuse depuis le début de la saison estivale des chutes de courant permanentes qui pénalisent durement la population par ces temps de grandes chaleurs.

Les représentants du mouvement associatif de cette importante agglomération de quatorze mille âmes (14.000) nous ont approchés pour porter à travers les colonnes de leur journal à la connaissance des pouvoirs publics, cette contrainte qu’ils qualifient de majeure, au vu de ses retombées négatives sur une population qui n’en finit pas avec de multiples problèmes de toutes sortes.

Ni la climatisation, ni encore moins les téléviseurs ne fonctionnent normalement à cause de cette baisse de tension qui se répercute aussi sur l’éclairage et les lampes de 75 Watts ressemblent à des bougies s’exclament nos interlocuteurs et ne produisent qu’une lumière blafarde et tremblotante.

L’origine de cette chute de tension serait due à la vétusté du vieux transformateur et de la non moins vieille ligne qui ne peuvent plus assurer une distribution suffisante pour alimenter cette cité qui enregistre une extension effrénée.

Un constat que nous partageons entièrement après notre visite au transformateur ; il est facile de situer la période de son installation (durant l’ère coloniale) vu que l’infrastructure est un ouvrage sous forme de guérite de l’ex EGA digne d’une pièce de musée.

En ce qui concerne la ligne de 05 fils que nous avions vu sur insistance des citoyens, nous constatons avec effroi qu’elle n’effleure pas seulement les balcons comme au niveau de nombreux centres de regroupements de la daïra de M’chedallah, mais elle est presque encastrée après extension en surélévation des pâtés de maisons. Pour réduire le danger d’électrocution, les résidants proches de la ligne ont revêtu les fils électriques de gaines de plastique qui se sont effritées au premier contact avec les gelées de l’hiver.

A l’heure actuelle et en de nombreux endroits, ces fils dénudés sont au contact directe avec les murs et les balcons de plusieurs bâtisses, c’est un miracle si aucun accident grave n’est encore survenu sur cette ligne de basse tension.

Par ailleurs, nos interlocuteurs évoquent de fréquents court-circuits sur cette vieille installation, il est aussi fréquent de voir ces fils en flammes tomber par terre ajoutent nos accompagnateurs.

Une affirmation que nous avions pu vérifier en raison de la présence de “colliers de raccordements” parsemés le long de cette ligne, réalisée en toile d’araignée dans un enchevêtrement qui passe à travers, surplombant et longeant les balcons ; une vision qui aurait donnée des cauchemars aux gestionnaires de ces ouvrages en… temps normal, mais ces derniers ne semblent pas s’inquiéter pour autant, se cachant derrière l’argument que la faute incombe aux citoyens qui ont procédé à des extensions de leurs habitations et qui se sont dangereusement rapprochés de la ligne “qui était là avant leurs habitations”.

Il y a danger de mort en ces lieux ; nous le signalons et nous le soulignons, il y a lieu de dépasser le stade de la recherche du fautif et du “qui a raison, qui a tort” dans tous les cas de figure, l’Etat est tenu de protéger les citoyens même malgré eux ; opter pour la politique de l’autruche dans ce cas précis peut aboutir sur une catastrophe dont chaque partie aurait sa part entière de responsabilité.

Oulaid Soualah

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