Tazmalt : Quel avenir pour les nouveaux diplômés ?

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On ne se bouscule pas au portillon de l’antenne Angem de Tazmalt, un organisme placé sous la tutelle du ministère du Travail et de la Sécurité sociale et chargé entre autres, de l’accueil, de l’information, de l’orientation et le placement des diplômés dans le marché de l’emploi.

On n’obtiendra, malheureusement, aucune information sur le nombre de postulants à ce dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP) et encore moins, sur le nombre de bénéficiaires de ces contrats du préemploi.

Les responsables locaux de l’Angem nous ont signifié que la communication ne relève pas de leurs prérogatives. Néanmoins, les quelques diplômés rencontrés sur les lieux nous ont fait de leur scepticisme quant à la fiabilité de ce dispositif : “Cela fait plus d’une année que je renouvelle ma carte et on ne m’a toujours rien proposé de valable», relate Kamel, un technicien supérieur en droit des affaires. “Les opportunités d’embauches étant très rares, la première offre qui se présente, je la saisirai au vol même si c’est un travail sous-qualifié», affirme, pour sa part, Samia, une déclarante en Douane.

“J’ai entendu parler du contrat d’insertion des diplômés (CID) avant d’avoir achevé mes études et dès que mon parchemin est acquis, je suis venu proposer ma candidature, même si je n’y crois pas beaucoup», renchérit Omar, DEUA en électronique.

Se voulant le prolongement du marché du travail que certains milieux trouvaient rigide et contraignant de par les protections qu’il édictait en faveur du travailleur au détriment de l’employeur, le décret n°08/126 du 19/04/2008, en introduisant cette nouvelle contractualisation de la relation de travail sensée devenir plus souple plus malléable voire moins conflictuelle,a fait le lit de la précarité et du chômage à long terme et partout de l’exploitation de ces travailleurs qu’on a livré pieds et poings liés à certains patrons privés sans scrupules. “Avec un salaire misérable de 12 000 versé par l’Etat, l’employeur ne cherche qu’à vous exploiter, pendant une année, pour vous laisser sur le carreau. Quant à la permanisation, l’employeur choisit lui-même ses serviteurs sans prendre soin de passer par le bureau de l’emploi», témoigne Brahim, recruté depuis cinq mois dans la zone d’activité d’Akbou.

Le recours au contrat dans la relation de travail, qui aurait dû être perçu comme une démarche simplifiant la procédure de recrutement sur la base d’un engagement bilatéral liant employeur et employé s’est vu détourné de son objectif, pour constituer parfois voire souvent, une réelle arnaque dépouillant les travailleurs de leurs moyens de défense en les fragilisant pour même les soumettre au diktat du patron. “La dépermanisation a considérablement affaibli la protection du travailleur. Et l’on a assisté ces dernières années à la création de deux collèges au sein de la même entreprise : les permanents d’un côté et les temporaires de l’autre», fait remarquer le responsable d’un bureau de l’inspection de travail.

N. Maouche

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